‹ La morale des religionsChapitre 281 sur 380 · Caléch., p · texte numérisé non relu

Caléch., p

2. Ibid., p. 3ii. L’Eg-lise attache une extrême importance i\ ce commandement. Il est dit dans les commentaires du Catéchisme : « Le hiasplième, qui s’attaque à Dieu, à ses saints ou à sa reliffion, est un des péchés les plus graves que l’on puisse commettre contre ce commandement... Il n’est pas né-

SOU nom, Ui ne prêteras pas, en son nom, des serments futiles ou faux, etc.

Il paraît inutile de rappeler avec quelle sévérité les hlaspliémateurs étalent punis à l’époque où la loi civile était inspirée par le second commandement du Décalogue. Nous avons vu plus haut saint Louis ordonner de transpercer te corjis des blasphémateurs avec l’épée. Louis XIV leur faisait percer la langue avec un fer ronge. Le châtiment figure, en toutes lettres, dans les ordonnances relatives an service à bord lies navires qui furent publiées sous son règne. C’était, du reste, peu de chose à coté des dragonnades auxquelles le grand roi faisait procéder contre les protestants coupables de ne point avoir la meme foi que lui.

11 importe de noter que la Saint-Barthélemy, comme les dragonnades, comme tous les massacres de protestants et autres hérétiques ordonnés par les rois de France depuis saint Jjouis, étaient inspirés par une idée très ditférente de celle (jui présida à la croisade contre les Albigeois. Dans celle-ci, l’ordre vient du pape agissant comme chef de l’Eglise chrétienne ; dans ceux-là, c’est le roi qui se considère luimème eomine le représentant de la divinité, et e’est directement, au nom de Dieu, qu’il frappe les gens dont la foi dillere de la sienne. Le roi agissait, en réalité, comme s’il était pape. La morale n’y faisait aucun gain.

Toujours à propos du deuxième commandement, il importe de noter que tout en imposant aux chréliens l’obligation de tenir leurs serments, l’Eglise les en dispense dans

cessaire que l’injure ;i Dieu ou ti ses saints soit exprimée en paroles ; de simples gestes peuvent être blaspliématoires. Ün ne doit pas considérer comme blasphèmes des paroles simplement grossières, ni les locutions où le nom de Dieu intervient sans malice ; toutefois, il convient d’éviter ces expressions aussi contraires au respect dû à Dieu ou à la religion ([ue peu digues d’une personne grave... Gomme le châtiment est très puissant pour maintenir dans le devoir, l’Ecriture sainte, après avoir formulé le second précepte de la loi de L)ieu ajoute : « Dieu ne considérera pas comme innocent celui qui aura pris en vain le nom du Seigneur son Dieu (Exode, xx, 7), paroles qui nous montrent en même temps la gravité des défenses contenues dans ce commandement, et le soin que nous devons a|)porter à ne point les enfreindre. Si nous devons, au dernier jour, rendre un conq)te exact, même de toute parole oiseuse (Matt., XII, 36), quelle sévérité ne mériteront pas des péchés qui entraînent le méjii'is du saint nom de Dieu. » (Ibid., p. 322-323.)

Page 1