‹ La morale des religionsChapitre 292 sur 380 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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LA MORALE FAMILIALE DU CHRISTIANISME

Celui-ci n’est mentionné dans les lois de l’Empire que sous Justinien ; il fut rendu obligatoire par l’empereur Léon qui (( identifie désormais l’union conjugale civile avec le sacrement de l’Eglise». Troplong pense, peut-être à tort, que cette loi était faite pour l’Orient seul ; mais il ajoute qu’en Occident « l’intervention des évêques dans les affaires publiques y amena l’adoption d’une règle semblable^ ^». Cette règle ne pouvait être évitée, car l’Eglise seule avait le droit d’unir légalement les deux sexes. Elle fut appliquée en Erance jusqu’à la Révolution. L’Eglise était ainsi parvenue à 'son but: aucun chrétien ne pouvait se marier sans son intervention. Si on la voit, au moyen âge, montrer une très grande sévérité à l’égard des princes eux-mêmes pour tout ce qui touche aux unions sexuelles, c’est que le mariage représentait l’une de ses plus grandes forces sociales.

A partir du jour où elle eut imposé à toutes les sociétés chrétiennes le sacrement du mariage, elle se montra beaucoup moins soucieuse des droits civils de la femme qu’elle ne l’avait été sous les empereurs païens. En Occident, lorsque le droit coutumier du moyen âge remplaça le droit romain, l’Eglise ne fit pas le moindre effort pour empêcher la reconstitution de la puissance maritale, qu’elle avait combattue lorsque le prosélytisme féminin lui était nécessaire. C’est avec son concours que cette puissance a été conservée jusqu’à nos jours et qu’elle est consacrée par nos lois. Notre Code civil impose à la femme « l’obéissance à son mari» et l’obligation « de le suivre partout où il juge à propos de résider ». Si la femme s’y refuse, il « peut l’y contraindre manu militarv ». La femme ne peut ester en jugement sans l’autorisation de son mari ; elle ne peut ni donner, ni aliéner, ni hypothéquer, ni acquérir à titre gratuit ou onéreux, sans son autorisation. Elle ne peut même pas disposer librement du salaire que lui procure son travail personnel, et il n’est pas rare de voir des femmes laborieuses, économes, rangées, être condamnées à la misère.

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