‹ La morale des religionsChapitre 291 sur 380 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

émancipait de la tutelle antique, il favorisa considérablement le sacrement du mariage qui interdit le divorce, et combattit le mariage par consentement mutuel ou concubinat légal qui avait créé l’indépendance de la femme, en lui permettant de rompre les liens qui lui paraissaient trop lourds à porter. Si dévoué qu’il fut au christianisme, Constantin n’osa pas supprimer entièrement le concubinat légal, qui avait pris une énorme extension depuis plusieurs siècles ; mais, «s’armant de sévérité contre les enfants naturels, afin de mieux arriver au cœur des pères, il défendit de rien donner, à eux et à leur mère, par donation et testament. Enfin, il ne permit pas aux personnes élevées en dignités de donner au public le spectacle scandaleux du concubinat)). D’autre part, il «donna la légitimité pour récompense aux enfants déjà nés, dont les parents renonceraient à un commerce illégitime pour se marier )) . Ainsi il « attaqua cette institution par la triple influence des récompenses, des peines et de l’exemple ’ )). Le concubinat et le mariage par coemption avaient cependant rendu au christianisme de très grands services, en permettant à un grand nombre de femmes clirétiennes de se soustraire à la domination de maris restés païens. Au ii® siècle de notre ère, les mariages par coemption étaient eux-mêmes devenus beaucoup plus rares que les simples concubinats légaux, et la nouvelle religion n’était pas étrangère à cette évolution vers la liberté toujours plus grande des femmes. « Les femmes inclinaient vers les unions dégagées des solennités de la coemption par des raisons diverses : les unes pour conserver la propriété de leurs biens et pour se ménager la faculté de divorcer ; les autres par esprit de religion, afin d’être sous une moindre dépendance à l’égard de leurs maris païens ^ )) L’Eglise avait, à ses débuts, favorisé cette évolution, à cause des avantages qu’elle en retirait. Mais, plus elle devenait puissante et plus elle tendait à interdire les unions de chrétiens et de païens, afin d’imposer son sacrement du mariage.

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