‹ La morale des religionsChapitre 301 sur 380 · I . Art · texte numérisé non relu

I . Art

lion des enfants. xVIontesquieu ‘ cite à ce sujet un mot caractéristi([ue de Sozomêne, historien ecclésiastique du v*" siècle : (( Ces lois avaient été établies comme si la multiplication de l’espèce humaine pouvait être un elï'et de nos soins ; au lieu de voir que ce nombre croît et décroît selon l’ordre de la providence. » Pour plus de sûreté, cependant, le christianisme fit abroger les lois qui avaient pour objet la multiplication des enfants : « Les lois Papiennes, dit Montesquieu, voulaient qu’on se remariât. Justinien accorda des avantages à ceux qui ne se remarieraient pas... Quand on recevait un legs à la condition de ne jioint se marier, lorsqu’un patron faisait jurer son alfrancbi qu’il ne se remarierait point et qu’il n’aurait pas d’enfants, la loi Papienne annulait celle condition et ce serment. » La législation chrétienne supprime celte clause. Montesquieu ajoute : « Il n’y a point de loi qui contienne une abrogation expresse des privilèges et des honneurs que les Romains païens avaient accordés au mariage et au nombre des enfants ; mais là où le célibat avait la prééminence, il ne pouvait plus y avoir d’honneurs pour le mariage. » Puis, il note ce fait, dont l’exactitude ne saurait être contestée et qui met bien en relief l’erreur commise par le christianisme dans le domaine des unions sexuelles ; (( C’est une règle tirée de la nature que, plus on diminue le nombre des mariages qui pourraient se faire, plus on corrompt ceux qui sont faits ; moins il y a de gens mariés, moins il y a de fidélité dans les mariages ; comme, lorsqu’il y a plus de voleurs, il y a plus de vols. » Il n’est pas inutile de noter que le christianisme, en faisant de la continence et de la chasteté une de ses vertus principales, allait à l’encontre non seulement des principes du paganisme mais encore des préceptes de l’hébraïsme et de toutes les autres religions de l’antiquité. « Les livres sacrés des anciens Perses, rappelle Montesquieu, conseillaient de se marier de bonne heure, parce que des enfants seraient comme un pont au jour du jugement, et que ceux qui n’auraient point d’enfants ne pourraient pas jiasser. Ces dogmes

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