I. Esprit des Lois, livre Wlll^ cliap. xxi
LA MORALE FAMILIALE DU CHRISTIANISME
étaient faux, mais ils étaient utiles » La chasteté fut une innovation contraire aux intérêts de l’espèce humaine, an progrès de la morale et aux préceptes de toutes les religions antérieures an christianisme.
Les panégyristes du christianisme ont prétendu qu’il avait relevé la femme et institué la famille ; l’histoire montre, au contraire, qu’il fut impuissant à ahaisser la première et à détruire la seconde. Dans le domaine de la morale familiale comme dans celui du culte, il vit sombrer ses principes judaïques devant la résistance qui lui fut opposée par les idées et les traditions du paganisme aryen. Si, à partir du xii® siècle, on voit l’influence de la femme croître en même temps que la chevalerie se développe, ce n’est point au christianisme qu’il en faut faire honneur, ainsi que le prétendent certains historiens, mais uniquement à la restauration des idées grecques et romaines et à l’épanouissement des mœurs germaniques. Celles-ci produisirent la chevalerie ; celles-là rétablirent le culte antique delà beauté qui, en dépit des lois, avait fait la femme si puissante chez les Grecs et les Romains. La femme qui préside aux tournois de la lin du moyen âge, celle qui couronne les artistes ou les poètes dans les cours d’amour de la Renaissance, celle qui groupe les philosophes, les savants, les littérateurs et les beaux esprits dans les salons du xvii® et du xvni® siècles, ce n’est ni la vierge voilée, ni la veuve austère, ni la mère de famille soumise au silence, du christianisme, c’est la coquette élégante d’Athènes, c’est la matrone aimable de Rome, c’est la vierge hère de sa jeunesse, c’est la beauté consciente de sa force, c’est l'esprit féminin assuré de ses triomphes ; ce n’est pas la femme ignorante et humilie rêvée par le christianisme, c’est la femme belle, spirituelle, savante et toujours adorable, dont l’antiquité païenne avait légué l’idéal aux générations qui seraient assez fortes pour se soustraire à l’inlluence déprimante du sémitisme judaïque transporté dans le christianisme.