CHAPITRE V
LA MORALE SOCIALE DU CHRISTIANISME
Les principes généraux de la morale sociale du cliristia- j-; nisme ne diffèrent pas de ceux de la morale naturelle. Ne point tuer, ne point voler, ne point dérober la femme de fl son prochain, ne point porter de faux témoignage, ne point mentir, ne point calomnier, ne point médire, sont des règles morales qui résultent des relations des hommes entre | eux et qui sont nées de l’intérêt personnel sagement conçu ; | on ne fait pas de mal aux autres afin de ne pas légitimer ^ celui qu’ils pourraient faire. Dans toutes ces règles, le * christianisme a introduit cependant des vues particulières I qui, en certains cas, sont de nature à en affaiblir beaucoup ' la portée. C’est ainsi que le meurtre est autorisé quand il est ordonné par Dieu, c’est-à-dire par l’Eglise qui le représente sur la terre ; que le vol d’un vase sacré n’est plus seulement un vol mais un sacrilège, c’est-à-dire (d’une des i plus odieuses et des criminelles violations ‘ » du septième ï commandement ; que le fait de ne pas avertir un parent de sa ^ mortj^rocliaine, en l’exposant « à mourir sans sacrements », est assimilé au faux témoignage et au mensonge ^ etc.
Dans le domaine de la morale sociale comme dans celui de la morale familiale, le christianisme fit, en outre, opérer un recul aux sociétés grecque et romaine, surtout à la seconde, par rapport à l’évolution qui s’était produite sous l’influence de l’Epicurisme, du Stoïcisme, et des empereurs philosophes.