‹ La morale des religionsChapitre 324 sur 380 · EFFETS DE LA MORALE DU CHRISTIANISME SUR LES MOEURS 47R · texte numérisé non relu

EFFETS DE LA MORALE DU CHRISTIANISME SUR LES MOEURS 47R

i mœurs des évêques, des prêtres, des moines et celles de j toute la masse des populations chrétiennes se corrompre en même temps que le pouvoir civil s’affaiblit. Dès qu’il n’y aplusni empire, ni royauté, ni administration romaine, dès que la féodalité, avec son anarchie, s’établit en Occident, le christianisme perd sa moralité, comme la société dans laquelle il s’est répandu. Les évêques rivalisent de barbarie, de violence et de débauclie avec les seigneurs féodaux. Ils avaient excusé, sinon gloribé, les crimes de Clovis et de ses successeurs, en raison de l’intérêt qu’ils trouvaient à cette indulgence coupable : ils devinrent ensuite aussi barbares que les Barbares. Lin historien qu’on ne saurait accuser d’hostilité envers la religion, qui même exagère volontiers les services rendus au monde par le christianisme, écrit à propos du x" siècle '. « L’Eglise perd toute sa force morale ; elle deAuent, comme la société civile, matérielle, violente, sanguinaire. Plus de constitution générale, plus de conciles, plus d’instruction religieuse, plus d’ascendant sur les esprits... Les prêtres ont l’épée à la main, ils pillent sur les routes, tiennent aulierge dans les églises, s’entourent de femmes perdues... Il n’y a plus à la tête des évêchés et des abbayes que des barons avides et belliqueux; plusieurs sont mariés et transmettent leurs dignités et leurs domaines ecclésiastiques à leurs enfants, même en bas âge, ou bien les donnent en dot à leurs biles ou en douaires à leurs femmes... La papauté est elle-même dégoûtante de sang et de débauches. . . Marozia et Tbéodora, deux sœurs inlluentes par leurs richesses, leur beauté et leurs crimes, font élire leurs amants Sergius 111 et Jean X » au souverain pontificat. Jean X est assassiné par Marozia, qui fait élire pape son bis aldutérin sous le nom de JeanXIl.

C’est l’époque où Damien écrivait : « Le mal déborde partout ; le monde n’est plus qu’un abîme de méchanceté et d’impudicité^. » Un autre contemporain raconte qu’en Bretagne « certains prêtres avaient jusqu’à dix femmes et

Page 1