Ibid., chap. iii
Comme toutes les autres religions soi-disant révélées, l’islamisme lait figurer parmi les devoirs envers Dieu un certain nombre de pratiques qui obligent le croyant à se rappeler sans cesse la religion à laquelle il appartient et à se distinguer des adeptes des autres religions. Dans le christianisme, ces devoirs se divisent en deux catégories sous les noms de Commandements de Dieu ou Décalogue et de Commandements de l’Eglise. Dans l’islamisme, où il n’existe pas à proprement parler d’Eglisc, les devoirs religieux sont représentés par la foi, la défense de la religion, la prière, le jeûne, le pèlerinage, raumône et la privation de certains aliments. Il est peu de musulmans qui ne remplissent avec exaclitude tous les devoirs de cette morale.
La prière doit être dite cinq fois par jour, en se tournant vers le point de l’borizon où le fidèle croit ipie se trouve La Mecque: « Tous les peuples, dit le Ixoran', ont un lieu vers lequel ils adressent leurs prières. — - De quelque lieu que tu sortes, tourne ta face vers le temple Haram. En quelque lieu que tu sois, porte tes regards vers ce sanctuaire auguste, afin que les peuples n’aient pas de sujet de t’accuser. » La prière doit être précédée d’un acte de purification dans lequel le croyant se lave les deux mains jusqu’au coude et le visage ; s’il n’a pas d’eau à sa disposition, il se frotte les mêmes parties avec la main préalablement passée sur du sable fin. (( O croyants ! avant de commencer la prière, lavez-vous le visage et les mains jusqu’au coude. Essuyez-vous la tête et les pieds jusqu’aux talons L ))
La prière ne consiste qu’en des formules très simjdes, plusieurs fois répétées. Mahomet en avait écarté toute idée de sollicitation des biens terrestres ou des récompenses futures; il en avait fait un simple acte de foi. On ne pouvait manquer d’y ajouter, avec le temps, d’autres prières
I. Chap. Il, i44-i45. Le mot « Ilaram » signifie tléfendii. On l’appliquait (lu temps de Mahomet au temple de La Metnjue, pour indicjuer le lespect dont il devait être l’objet de la ])art de ceux qui y entraient, ou bien, d’après une légende, parce qu’une femme y ayant pénétré à l’époque de ses règles, son entrée fut désormais interdite à toutes les femmes. (Savaiiy^ trad. du Ivoran, p. 3o, note 4-)