‹ La morale des religionsChapitre 39 sur 380 · Les Nombres, eliap. xxx · texte numérisé non relu

Les Nombres, eliap. xxx

LA MORALE FAMILIALE DU JUDAÏSME

répudiée étaient entièrement libres, ne se trouvaient en puissance de personne ; c’est pourquoi leur vœux sont valables.

D’une façon générale, les Livres sacrés hébraïques mettaient l'homme en défiance de la femme qu’ils regardaient comme naturellement pernicieuse ; (( Mon esprit a porté sa lumière sur toutes choses, pour savoir, ]jour considérer, pour chercher la sagesse et les raisons de tout, et pour connaître la malice des insensés, et rcrreur des imprudents : et j’ai reconnu que la femme est plus amère que la mort, qu’elle est le filet des chasseurs, que son cœur est un rets, et que ses mains sont des chaînes : celui qui est agréable à Dieu se sauvera d’elle, mais le pécheur s’y trouvera pris... Entre mille hommes j’en ai trouvé un ; mais de toutes les femmes, je n’eu ai pas trouvé une seule '. )) (( iSe rendez point la femme maîtresse de votre esprit, de peur qu’elle ne jJi'enne l’autorité qui vous appartient, et que vous ne tombiez dans la honte. Ne regardez point une femme volage dans ses désirs, de peur que vous ne tombiez dans ses filets. Ne vous trouvez pas souvent avec une femme qui danse et ne l’écoutez pas, de peur que vous ne périssiez par la force de ses charmes. N’arrêtez point vos regards sur une fille, de peur que sa beauté ne vous devienne un sujet de chute... Plusieurs se sont perdus par la beauté de la femme : car c’est par là que la concupiscence s’embrase comme un feu... Ne vous asseyez jamais avec la femme d’un autre ; et ne soyez point à table avec elle ajjpuyé sur le coude, et ne vous disputez point avec elle en buvant du vin, de peur que votre cœuir uc se tourne vers elle, et que votre affection ne vous fasse tomber dans la perdition L »

La Loi de .Moïse ordonnait au mari de subvenir à tous les besoins de sa femme et de lui rendre le devoir conjugal. Le Thalmud a étendu considérablement les obligations imposées au mari en faveur de sa femme, eu meme temps qu’il réduisait les droits dont le mari avait joui jusqu’alors.

T. Ecrlésiasle, clia|j. vu,

2. Ecclésiastique de Jésus, fils de Slraoli, chap. ix, 2-1 3.

Il Qxa les travaux que la femme doit faire, afin que sou mari n’exige pas d'elle davantage. Il a fixé les objets que le mari doit donner à sa femme pour son entretien. Il lui recommande d’aimer sa femme comme soi-même et de veillera son honneur plus qu’au sien propre. Il établit la règle générale que la femme monte avec le mari dans l’échelle sociale, mais ne descend pas avec lui : si la position de la famille du mari est plus élevée que celle de la femme, elle doit être traitée comme les membres de la famille de son mari; si, au contraire, la femme appartient à une famille plus élevée que celle de son mari, elle conserve son rang. Le mari n’a pas le droit de contraindre sa femme à quitter une résidence avantageuse pour le suivre dans un lieu malsain. Si la femme possède des biens dont le mari a fusufruit, le mari ne peut pas vendre ce droit sans le consentement de sa femme, car ce serait diminuer le bien-être du ménage. Ldi homme peut oITrir au Trésor Sacré tout ce qu’il possède, mais il n'a pas le droit de donner les vêtements de sa femme, ni ceux de ses enfants. Le créancier d'un homme n’a pas non plus le droit de saisir les objets destinés à sa femme ni ceux qu’il a achetés pour elle. La personnalité de la femme est, en un mot, mise en relief par la loi thalmudique. Ses droits individuels commencent à être reconnus, en même temps que les devoirs de son mari envers elle sont notablement étendus. Cependant, elle reste encore entièrement sous la dépendance de son mari et n’est que fort peu relevée moralement, car il ne lui est accordé aucune place dans la religion'.

Pour en terminer avec les prescriptions religieuses hébraïques relatives aux relations de l’homme et de la femme, je dois noter le caractère d’indissolubilité relative attribué à l’union des époux par le code sacré. Tout mari avait le droit de répudier sa femme ; mais il était tenu de le faire par un procéilé légal. Il devait lui écrire une lettre, dite lettre de divorce, par laquelle il déclarait qu’elle (( était désormais libre pour tout le monde », c'est-à-dire qu’il

Page 1