‹ La morale des religionsChapitre 55 sur 380 · Ibid., xciv · texte numérisé non relu

Ibid., xciv

accablés par une Divinité vengeresse et cruelle : (( Ta main atteindra tous tes ennemis ; ta droite atteindra ceux qui te haïssent. Tu les rendras tels qu’un four ardent quand tu paraîtras ; rÉternel les engloutira dans sa colère, et le feu les consumera. Tu feras périr leur fruit de dessus la terre, et leur race d’entre les fds des hommes h » A cette méchanceté féroce s’ajoute, à chaque instant, l’expression d’un orgueil incommensurahle ; si tous les hommes sont méchants, si tous les liommes sont infidèles à Dieu, lui, du moins, est parfait, car il suit fidèlement son Dieu : « Eternel ! fais moi justice, car je marche dans mon intégrité... Je ne m’assieds point avec les hommes faux ; je ne vais point avec les gens dissimulés. Je hais l’assemblée des hommes pervers, et je ne m’assieds point avec les méchants. Je lave mes mains dans l’innocence, et je fais le tour de ton autel, ô Eternel ! pour éclater en voix d’actions de grâce, et pour raconter toutes tes merveilles. O Eternel! j’aime le séjour de ta maison, le lieu où ta gloire habite. N’enlève pas mon âme avec les pêcheurs, ni ma vie avec les hommes sanguinaires, qui ont le crime dans leurs mains et dont la droite est pleine de présents. Mais moi, je marche dans mon intégrité... Mon pied se tient ferme dans le droit chemin. Je bénirai l’Eternel dans les assemblées". »

Cet extraordinaire orgueil du piétiste, chacun pouvait acquérir assez facilement le droit de l’étaler : il sufïîsait d’ajouter à la haine des autres religions et des autres peuples, un certain nombre de pratiques rituelles que les Livres sacrés avaient soin de décrire minutieusement et qui eurent bientôt fait de constituer la religion tout entière, ainsi qu’il arrive chez tous les peuples où les jjrêtres jouissent d’une très grande autorité. Se laver les mains jusqu’au coude avant chaque repas, ne manger ni le sang des animaux, ni les animaux considérés comme impurs, offrir régulièrement les sacrifices dont vivait le corps sacerdotal, se purifier, avec l’aide du sacrificateur, pour chaque manquement au rite, pour chaque faute commise, observer le

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