Ibid., xxvj
LES SANCTIONS DE LA MORALE DU JUDAÏSME
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sabbat, les jeûnes et les fêtes, être, en somme, un pratiquant minutieux, cela suffisait pour permettre à l’israélite de se considérer comme le favori de Dieu. Ainsi se forma cette classe de pratiquants orgueilleux que Jésus devait llétrir en termes si sévères et si justes.
Pour légendaire qu’il soit, sans doute, le récit de saint Marc n’en est pas moins fort caractéristique, car il témoigne de la puérilité dans laquelle était tombée la pratique religieuse parmi ces piétistes qui, sous le nom de Pharisiens, se posaient volontiers en modèles de toutes les vertus et n’avaient que mépris pour le commun des hommes. Ils voient les disciples de Jésus prendre leur repos sans s’être au préalable lavé les mains, comme le prescrivaient les rites, et ils les en blâment. « Hypocrites ! leur répond Jésus, c’est de vous qu’Isaïe a prophétisé quand il a dit ; ce peuple m’honore des lèvres ; mais leur cœur est bien éloigné de moi. Mais c’est en vain qu'ils m’honorent, enseignant des doctrines qui ne sont que des commandements d’homme. Car en abandonnant le commandement de Dieu, vous observez la tradition des hommes, lavant les pots et les coupes, et faisant Ijeaucoup d’autres choses semblables ‘. »
D’ap rès saint Mathieu, Jésus ne manquail aucune occasion de llétrir ce piétisme hypocrite. «Les scribes et les [)barisiens sont assis sur la chaire de Moïse. Observez donc et faites tout ce qu’ils vous diront d’observer ; mais ne faites pas comme ils font, parce qu’ils disent et ne font pas. Car ils lient des fardeaux pesants et insupportables, et ils les mettent sur les épaules des hommes ; mais ils ne voudraient pas les remuer du doigt. Et ils font toutes leurs actions afin que les hommes les voient... Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Car vous dévorez les maisons des veuves, en allèctant de faire de longues prières. . . Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Car vous payez la dime de la menthe, de l’aneth et du cumin, et vous négligez les choses les plus importantes de la loi ; la justice, la miséricorde et la lidélité... Malheur à vous, scribes et pha-