‹ La morale des religionsChapitre 61 sur 380 · Ibid., chap. x · texte numérisé non relu

Ibid., chap. x

LA ^lOllALE DES LIVRES SACRÉS DU JUDAÏSME

(|ui perverlit ses voies sera découvert. — L’inlcgrilé des hommes droits les conduit ; mais la perversité des perfides les détruit. — - Le juste est délivré de la détresse, mais le méchant y toiidje à sa place. — La ville se réjouit du bien des justes : mais il y a uu chant de ti'iomplie cpiand les méchants périssent. — L’homme bieidaisant se fait du bien à soi-memc, mais celui qui est cruel trouble sa propre chair. Le médian t fait une œuvre (|ui le trompe ; mais la l'écompense est assurée à celui qui sème la justice. — Ainsi la justice mène à la vie, mais celui qui poursuit le mal cherche la mort. — Le fruit du juste est uu arbre de vie, et le sage gagne les cœurs. — Tôt ou tard, le méchant ue demeurera point impuni ‘. »

La littérature seutentieuse des Proverbes, que l’on attribue à Salomon et qui, <à coup sûr, commeucèrent à être écrits de sou temps, forme uu élément très spécial des Livres sacrés hébraï(|ues. L'idée religieuse y domine moins que dans les autres parties ; la morale est pratique, utilitaire, raisonnable, je dirais volontiers naturelle. On sent que ses règles sont formulées, non par des théoriciens religieux ou des prêtres préoccupés de leurs intérêts sacerdotaux et privés, mais par des hommes mêlés à la vie sociale, ayant éprouvé les joies et les déboires auxquels riuunanité est exposée dans sa lutte incessante pour l’existence. Salomon et les écrivains de sou école ne sont pas des philosophes, comme ceux qui devaient illustrer la Grèce, mais ce sont des observateurs et on ue saurait leur refuser le titre de penseurs. Si l’école qu’ils avaient fondée n’a pas pu s’élever, dans la suite des temps, en Israël, au-dessus de la phase des sentences et des proverbes, on ue peut en cherchei' la cause que dans la prépondérance qui fut prise par la religion, car les juifs dispersés ultérieurement à travers le monde ue l’ont cédé il aucune autre race pour la hardiesse de la pensée.

Si la morale de Salomon et de son école, ce que l’on a nommé la Choknia, fut empêchée par la religion de donner naissance à une philosophie, elle contribua du moins puis-

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