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I. Proverbes, chap. x et xi

LES SANCTIONS DE LA MORALE DU .lüDAÏSME 71

samment à préserver la raison juive du naufrage où l’auraient fait sombrer le prophétisme et le piétisme si leur action s'était exercée sans nul contrepoids.

Sur un seul point, la morale utilitaire, expérimentale, de Salomon et la morale purement religieuse du propliétismc se trouvèrent d’accord : c'est pour assigner cette terre comme le lieu où les bonnes cl les mauvaises actions trouveraient leur sanction. La première admettait que chaque acte mauvais doit entraîner tôt ou tard des conséquences fâcheuses pour son auteur. La seconde ne voulait pas admettre que Dieu ne fût ni assez puissant Jii assez injuste pour permettre que ses ennemis triomphassent, même en ce monde, de leurs adversaires. En l’absence de châtiments immédiats, ils annonçaient qu’un jour viendrait où Dieu jugerait l’humanité tout entière et la châtierait en niasse de ses inhdélités. Us afTirmaienl une u foi ardente dans une réparation finale, dans un jour de jugement où les clioses seraient rétablies comme elles devraient être. Ce jour sera le renversement de ce qui existe. Ce sera la révolution radicale, la revanche des faibles, la confusion des forts. Le miracle de la transformation du monde s’opérera à Sion '. » Un .Messie en assurera la production.

L’aphorisme « tôt ou tard, le méchant ne demeurera point impuni » résume d’une façon aussi concise que nette la conception hébraïque relative à la sanction morale. \e croyant jias à la vie future, les rédacteurs du Code religieux des Hébreux devaient placer sur la terre la récompense des bonnes actions et la punition des mauvaises. Il en est résulté pour les Juifs une excitation permanente au travail ([ui permet à l’homme de s’enrichir, de se procurer du bienêtre, délaisser après lui des enfants nombreux, en un mot, de se procurer ici-bas le plus de bonheur possible. Il reste à examiner dans quelle mesure la religion du peuple d’Israël contribua au progrès de la moralité privée et publique parmi les Hébreux.

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