‹ La morale des religionsChapitre 71 sur 380 · Voyez : Marins Font/vniî, L’Inde védique, p. Sy et suiv · texte numérisé non relu

Voyez : Marins Font/vniî, L’Inde védique, p. Sy et suiv

3. « Quaud une jeune tille ou une veuve, dit Huruouf ÇEssai sur la Véda, p. 2i5) songeait à se marier, le père faisait aauoueer dans le voisiuaye et sou-

Sfi LA MORALE RELIGIEUSE DES PEUPLES ARYENS

aux premiers temps de la vie aryenne clans l'Inde, indicjiient une très grande recherche de la heaulé et de la force, autant de la pari des jeunes filles cpie de celle des jeunes gens, a L’aurore blanche est comme une vierge aux formes légères, jeune et riante, an sein hrillani, au corps éclatant de beauté, cjue sa mère vient de purifier »; les jeunes gens (( aiment la voix des jeunes filles autant cpie les dieux aiment les louanges des hommes »; et ils savent cpie l’on « plaît aux dieux comme on plaît à sa bien-aimée, en se faisant aimable ». Certaines cérémonies étaient agrémentées de danses où les jeunes filles ne craignaient pas d’étaler tous leurs charmes avec une grâce dont la naïveté n’excluait pas, sans doute, le A'if désir de plaire. On n’admettait le mariage cju’entre les jeunes gens parce cpie l’on voulait avoir des enfants beaux et forts : l’auteur d’un hymne met en scène c( l’épouse amoureuse c]ui étale en riant, aux regards de son époux, les trésors de sa beauté, aussi pure cjue la nudité de l’aube ». Devenue épouse et même mère, la femme des Védas conserve le souci constant de sa beauté. a Apâlâ s’est purifiée trois fois, ô Indra, et tu lui as donné une peau aussi brillante cjue le soleil », chante l’auteur d’un hymne, tandis cju’un autre nous apprend cjue c( jusejue dans sa maternité féconde, elle restera hère de son corps ». Les Aryas de l’Inde avaient le culte de la beauté comme les Grecs et ils la déifiaient en introduisant des déesses clans leur panthéon ; mais, du temps des Védas, si les déesses

venl même au loin, que le choix cl’uu époux s’accomplirait chez lui uu certain jour. Les prétendants se réunissaient dans la maison du père qui les recevait avec les honneurs dus à leur ranj}-. Au jour pur de la lune, annoncé pour ainsi dire ol'ficiellement, parés de {guirlandes et de vêtements de fête, ils se ran- {feaient tous ensemble dans une même enceinte ; la jeune fille paraissait alors, et, dans la j)lénitude de son indépendance, choisissait pour époux celui qui lui plaisait. Elle le prenait par la main et ensuite s’accomplissaient les cérémonies sacrées. » Burnouf dit encore : « Jamais, croyons-nous, le maria{i{e mono- {jame, n’a produit, chez les Aryas du Sud-Est, l’asservissement tie la femme. Non seulement celle-ci a toujours conservé dans la famille son double rôle de flévi et de grihapatni, partageant avec l’époux les honneurs dus à son rang, et respectée de ses fils jusque dans la vieillesse. ^lais elle n’a jamais vu s’aliéner sa liberté ; le mariage a toujours été précédé du swayainvara, c’est-à-dire du libre choix de l’époux par la femme ; et il a toujours été sévèrement interdit au père (le la jeune fille de recevoir aucun jiréseni, (jui pût faire ressembler le don de sa fille à une xeiite ou à uu contrat mercantile. » {Ibid,, p. ai3.)

Page 1