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I. Burnouf, op. cil., p. ii

LA MORALE RELIGIEUSE DES PEUPLES ARYENS

Aryas, établis sur radiiiirable et fertile territoire des sept rivières, le Septa-Sindhu, n’ont pas encore de voisins*.

La religion est elle-même aussi simple et aussi naïve que possible. On adore le soleil et le feu qui le représente sur la terre. Chaque homme, chef de famille, est le prêtre de cette religion, et chacun la pratique à sa guise. Mais tous ont soin d’appeler au sacrifice, si l’on peut dire, les ancêtres de la famille, les Pitris, si bien que l’autel d’Agni finit par être, en quelque mesure, celui des ancêtres, a On peut penser, dit Fustel de Coulanges^, que le foyer domestique n’a été à l’origine que le symbole du culte des morts, que sous cette pierre du foyer un ancêtre reposait, que le feu y était allumé pour l’honorer et que ce feu semblait entretenir la vie en lui ou représentait son âme toujours vigilante. )) Les choses, à mon avis, s’étaient sans doute passées d'autre façon. L’homme avait été d’abord, comme tous les animaux, pris d’un véritable respect pour le soleil qui réchaulïe et vivifie, puis il l’avait adoré. C’est l’Agni primitif des Aryens. Ensuite, il eut les mêmes sentiments pour le feu qui rappelle le soleil et qu’il ranimait avec le Sonia alcoolique, comme il se réchaulTait lui-même en buvant la liqueur fermentée. A ce sacrifice, offert au feu, chaque père de famille appelait ses ancêtres, comme il s’entourait de tous les membres de sa famille. Plus tard, la prière adressée au feu du foyer s’adressa aux ancêtres, en même temps qu’au foyer ; puis on éleva les ancêtres au rang de divinités, et c’est à eux que l’on s’adressa quand on offrit le sacrifice sur le feu du foyer. Ainsi, la famille se prolongeait dans le passé, tandis (ju’elle travaillait à se perpétuer dans l’avenir. Tout cela ne pouvait résulter que des sentiments très affectueux par lesquels étaient unis tons les membres de la société thmiliale.

Il serait impossible de rêver des conditions plus favorables à l’équilibre parfait de l’égoïsme Individuel et de

I. Le territoire du Septa-Sitidliu forme aujourd’hui le l’uiijab ou pays des cinq rivières, ce qui permettrait de supposer que deux des cours d’eau existant à l’èpoque où furent écrits les premiers hymnes du Véda oui disparu.

a. La cité antique, livre 1, cliap. iii.

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