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LA MORALE FAMILIALE DANS L’OCCIDENT ANTIQUE

Alceste mourante se tourne vers son foyer, vers Hestia, personnification à ses yeux du feu sacré en même temps que des ancêtres de sa famille et la supplie en ces termes ; (( O divinité maîtresse de cette maison, je m’incline, je le prie pour la dernière fois, car je vais descendre où sont les morts. Veille sur mes enfants qui n’auront plus de mère. Donne à mon fils nue tendre femme, à ma fille un nolile époux. Fais qu’ils ne meurent pas comme moi, mais (|u'au sein du bonheur ils remplissent une longue existence'. » Cette prière témoignerait à elle seule de la place que la femme hellène avait auprès du foyei' sacré, du droit qui lui était reconnu par les coutumes familiales et les tradi- .tions religieuses de s’adresser directement à la divinité. Elle n’est pas, en effet, en Grèce et à Rome, étrangère à la religion, comme chez les Iléljreux. Elle y a sa place, au contraire, et elle y joue son rôle. Chez les Aryas de l’Inde elle figure dans la cérémonie nuptiale ; chez les Grecs et les Romains elle y joue un rôle important.

Elle avait été préparée à ce rôle dès son enfance. « Fille, elle assistait aux actes religieux de son père; mariée, à ceux de son mari. » La jeune fille, dans la maison paternelle, « prend part, dès son enfance, à la religion de son père; elle invoque son foyer ; elle lui adresse chaque jour les libations, l’entoure de fleurs et de guirlandes aux jours de fête, lui demande sa protection, le remercie de ses bienfaits^ )). Lorsqu’elle se marie, il y aune eérémonie nuptiale dont l’acte principal se produit devant le foyer de son époux et où elle joue sou rôle : c Les deux époux versent la libation, prononcent quelques prières et mangent ensemble le gâteau de fleur de farine. » A partir de ce moment, la femme « porte l’offrande aux ancêtres de son mari ». Si le divorce a lieu, elle prend part, en même temps que le mari, à l’acte religieux qui consacre la rupture de leur union. « On présentait aux époux, comme au jour du mariage, un gâteau, de fleur de farine. Mais, probablement.

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