‹ La morale des religionsChapitre 84 sur 380 · Tacite, Les Germains · texte numérisé non relu

Tacite, Les Germains

LA VIRGINITÉ ET LA CHASTETÉ CHEZ LES ARYENS lOI

sa femme ne se croie pas étrangère aux préoccupations des vertus guerrières, étrangère même aux cliancesdes combats, les auspices sous lesquels commence" son mariage lui font connaître qu’elle prend sa part des fatigues et des dangers de son époux et qu’elle doit souflrir et oseï', dans la paix comme dans la guerre, tout ce qu’il souffre, tout ce qu’il ose ‘ . ))

Les femmes germaines accompagnent leurs maris dans les expéditions militaires ; pendant le combat, les guerriers (( ont auprès d’eux, dit Tacite, les êtres qui leur sont chers : ils entendent les hurlements de leurs femmes et les vagissements de leurs enfants, qui sont pour chacun les témoins les plus saints de son courage, les hérauts les plus empressés de sa gloire. Ils rapportent leurs blessures à leurs mères, à leurs épouses ; celles-ci ne craignent pas de compter, d’examiner les plaies et elles portent aux combattants des vivres et des encouragements. On dit que des armées ébranlées et prêtes à lâcher pied ont été ramenées par les courageuses supplications des femmes qui présentaient leur poitrine et montraient dans la défaite, la captivité que les Germains redoutent pour leurs femmes bien plus vivement que pour eux-mêmes. » Tacite ajoute : « Ils croient même qu’il y a dans les femmes quelque chose de saint et de prophétique et ils ne dédaignent point de les consulter et de suivre leurs avis. Nous avons vu, sous le règne de Vespasien, Velléda honorée comme une divinité par la plupart des peuplades germaines. Ils ont aussi vénéré autrefois Aurinia et plusieurs autres femmes, et ce n’était point par adulation ou pour faire des divinités. »

Chez tous les peuples aryens, la dignité de la femme libre était consacrée par les conditions dans lesquelles se faisait son union conjugale. (( La femme légitime, dit d’Arbois de Jubainville en parlant des Celtes et des Grecs d’Homère, doit être libre et avoir une situation de fortune et de famille analogue à celle de son mari : c’est ce qui la distingue de la concubine. » 11 ajoute que la jeune fille reçoit

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