LA VIRGINITÉ ET LA CHASTETÉ CHEZ LES ARYENS
qui se dél’eiid, en ce récit, contre le vice ; aussi le savant auquel j’emprunte la citation a-t-il raison de dire : « Atlièna, déesse tie la guerre, protectrice des Grecs en général et tout spécialement d’Ulysse, est d’abord, avec Arthemis, le type hellénique de la Auerge nubile mais à jamais insensible aux hommages masculins ; ce type est le produit de la monogamie et de la dignité de la femme qui dédaigne la prostituée ; il est inconnu dans le monde sémitique »
Dans les sociétés italiotes les plus anciennes, la virginité était honorée dans la personne des Vestales qui jouirent, plus tard, à Rome, d’une si grande considération. On portait les faisceaux devant elles comme devant les consuls ; elles étaient exemptes de toutes les charges publiques, occupaient la première place dans les cérémonies, mais subissaient la peine de mort si elles transgressaient le vœu de chasteté que, librement, elles avaient formulé. Le respect dont les Vestales étaient entourées persista pendant toute la durée de la république et de l’empire d’occident : elles ne
I. Ibid., p. igi. On lit dans un hymne d’Homère h Vénus : « Muse, chante les travau.K de la blonde V^énus, déesse de Gypre, elle qui fait naître de tendres désirs dans le sein des dieux, qui soumet les tribus des mortels, les oiseaux, légers habitants de l’air, tous les monstres, et ceux, nombreux, que nourrit le continent, et ceux que nourrit la mer ; tout ce qui respire se livre aux travaux de Vénus couronnée de (leurs. Cependant il est trois divinités dont elle ne peut fléchir le cœur et qu’elle ne jjeut séduire : .Minerve, aux yeux d’azur, la (illc du formidable Jupiter : les travaux de la blonde ^ énus ne lui plaisent pas. Ce qui lui plaît ce sont les guerres, travail de Mars, les combats, les batailles ; c’est aussi de se livrer à de beaux ouvrages. La première, elle apprit les arts aux mortels, à façonner les chariots et les chars étincelants d’airain ; c’est elle qui, dans l’intérieur des palais enseigne aux jeunes vierges les beaux ouvrages et place ce goût dans leur âme. Vénus, au doux sourii’e, n’a point non plus plus soumis à l’amour Diane, qui porte des flèches d’or, et qui chérit le tumulte de la chasse ; les arcs lui plaisent, pour atteindre une proie sur les montagnes, ainsi que les lyres, les chœurs des danses, les cris des chasseurs, les sombres forets, et la ville des hommes justes. Les travaux de Vénus ne plaisent point à V esta, vierge vénérable, la première qu’ait enfantée le rusé Saturne, et qui fut aussi la dernière par le conseil du ])uissant Jupiter, déesse auguste, qu’ApolIon et VIercure désiraient épouser ; elle ne voulut point y consentir, mais s’y refusa constamment, et touchant la tète du puissant Dieu de l’égide, cette déesse fit le grand serment, qui s’est accompli, de rester vierge dans tous les temps. Son père, au lien de ce mariage, la gratifia d’une belle prérogative : elle s’assied au foyer île la maison pour y jouir des prémices ; elle est honorée dans tous les temples des dieux, et pour les mortels elle est la plus auguste des déesses. Vénus n’a pu fléchir le cœur de ces divinités ni les séduire ; aucune autre n’échappe îi V énus, ni des dieux fortunés, ni des faibles mortels ».
LA MORALE RELIGIEUSE DES PEUPLES ARYENS
furent supprimées que par les empereurs de Constantinople, en 889, sous l’influence du christianisme. A l’exemple des Grecs, les Romains avaient adopté la légende de Diane sollicitant de Jupiter, son père, la faveur de rester vierge, et punissant avec la dernière rigueur les mortels assez audacieux pour prétendre à ses faveurs. Suétone nous a conservé le souvenir du respect que l’on avait à Rome, aux temps les plus corrompus, pour les femmes qui restaient chastes. A propos de la famille Claudius, dont Tibère faisait partie, il écrit : « Elle était de cette famille, la Claudia qui retira le navire qui portait la statue de Cybèle, des sables du Tibre ou il était échoué, en priant les dieux à haute voix de lui (( donner la force de mouvoir ce vaisseau, en témoi- (( gnage de sa chasteté »
Chez les Gaulois, on vénérait particulièrement les druidesses qui vivaient dans la chasteté : la légende entourait d’un respect mêlé de terreur les neuf vierges de Elle Séna que les marins seuls pouvaient consulter et qui joignaient au don de prophétie le pouvoir d’apaiser les tempêtes h Chez les Germains, d’après Tacite : « Les femmes vivent enveloppées de chasteté, sans contact corrupteur avec les séductions des spectacles, les excitations des festins, .. . On ne pardonne pas à celle qui s’est prostituée ; ni la beauté, ni la jeunesse, ni la fortune, ne sauraient lui trouver un époux... Les vierges seules se marient et il n’est permis qu’une seule fois à la femme de former l’espérance et le vœu d’être épouse L » Chez les Gaulois et les Germains, la jeune hile ni la femme n’étaient voilées ; elles vivaient librement et c’est par la correction de leur conduite qu’elles conquéraient l’estime dont elles étaient entourées. Avant le mariage, la Germaine recevait de son fiancé « des bœufs, un cheval harnaché, un bouclier avec la framée et l’épée. Grâce à ces présents, l’époux est accepté, et la femme à son tour olfre quelques armes à son mari. C’est le lien le plus puissant, la cérémonie mystérieuse et sainte. Pour que