tiMo.MMSEN, Hist. rom., Jll, p
formaient des confréries où l’on lianquetait en l’Iionnenr des noin^elles divinités, les femmes se faisaient initier aux mystères de Cybèle ou d’Isis, s’entouraient des devins et astrologues de l’Asie, se livraient, en des sociétés purement féminines, à des actes rituels qui, api'ès avoir été purement symboliques et mystiques, se transformèrent petit à petit, en scènes orgiaques. Les poètes satyriques forcent toujours la note, et l’on pourrait accuser Juvénal d’avoir poussé la satyre au delà de toutes les bornes de la vérité, si des écrivains aussi graves (pie Sénèque ne se montraient également sévères pour les nom elles mœurs des dames romaines. ((Imitant les bommes dans leurs excès, elles doivent dit Sénècpie ’, participer à leurs infirmités. (Jomme eux, elles veillent; comme eux, elles font orgie, et les défient à la lutte et à l'ivrognerie; comme eux, elles rendent par la bouebe les aliments empilés dans un estomac (|ui les repoussaient, et rejettent, jusqu’à la dernière goutte, tout le vin qu elles ont bu; comme les hommes, elles màcbent delà neige pour soulager leurs entrailles bridantes ; (juand à la luxure, elles ne le cèdent nullement aux bommes ; destinées pai' la nature à un rôle passif, dans leurs emportements eontre nature elles en sont venues ((|ue le ciel les extermine!) à faire fbomme avec les bommes (viras ineunl))). Après cela on peut écouter Juvénal parlant des pratiques religieuses, des femmes de son temps L «Voyez chez cette dévote accourir la confrérie de la violente Bellone, du culte de la Mère des dieux. En tête se présente un grave personnage, fort vénéré de cette canaille : ce n’est pas tout à fait un bomme, le couteau de pierre l’a depuis longtemps débarrassé de sa virilité. Le reste des braillards et des tambours se range pour lui faire place. Le voilà avec sa mitre jibrygienne (juilui couvre les jones. Ce (|u’il vient déclarer est grave : « septembre arrive, et avec lui le vent du midi ; mais pour n’en avoir rien à craindre, il suffit de se purifier avec une offrande de cent œufs, et de lui don-