‹ La morale des religionsChapitre 95 sur 380 · Sthabon, Géogr., livre II · texte numérisé non relu

Sthabon, Géogr., livre II

^ 3. Sénèque dit de Mécène ; « Voilà celui qui s’est marié mille Fois. » (Lettres à Lucilius, c.xiv) et encore : « Trouvez-vous donc plus heureux Mécène en proie aux tourments de l’amour et déplorant les répudialions ([uotiennes d’une épouse morose. » (De la Providence, III.)

4- « Pour([uol Sertorius a-t-il pour Bibula sa femme une si vive tendresse ? A vrai dire, ce n’est pas sa femme qu’il aime, c’est la figure de sa femme. Que trois rides se glissent sur les joues de Bibula, que sa peau devienne sèche et flasque, que ses dents perdent leqr émail, que l’âge rapetisse ses yeux ; « Fais ton paquet, lui dira l’alTrancbi et va-t’cii ; tu nous ennuies, tu te mouches trop. Allons, décampe, et lestement. Lue autre va venir qui a le nez moins humide. »

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épouser « des femmes impudiques, pourvu qu’elles eussent du bien, afin de les répudier ensuite sous prétexte de leurs dérèglements’)). Dans cette société corrompue, devenue dédaigneuse de la mère de famille qui, autrefois, tenait une place si gi-ande auprès du foyer domestique, dont le mari ne se séparait que par exception et pour des causes très graves, (« les femmes légères et les mignons se multiplièrent comme une véritable peste, et dans les circonstances on l’on se trouvait, il n’était pas possible de prendre la moindre mesure légale efficace contre ce fléau. La taxe élevée que Caton, lorsqu'il fut censeur, en 5/0 (i84), établit sur cette ignoble espèce d'esclaves de luxe, ne produisit aucun cllèt, et en outre, elle tomba en dessuétude une on deux années plus tard, en meme temps que la taxe sur les propriétés ^ ))

Il est impossible de ne pas constater la coïncidence qui existe entre la dissolution de l’antique famille romaine et l'introduction dans la société de Rome des religions sémiti- (|ues, aux yeux desquelles la femme n’est qu'une esclave n’ayant meme pas sa place dans le culte de son mari et de scs fils. Ce qui augmente notablement la valeur de cette coïncidence, c’est la révolte qui se produisit parmi les femmes romaines à la suite des mœurs et de l’attitude nouvelles de leurs maris. Habituées à une certaine considération, elles ne se soumirent pas, comme les femmes sémites de l’Orient, à l’abandon et aux dédains dont elles devenaient l’objet. Appliquant à leur conduite les principes de liberté et d’égalité relative adoptés dans les anciennes familles, elles prétendirent s’émanciper des bommes dont le mépris les accablait.

L’une des premières et des principales manifestations de l’esprit de rébellion qui les envahit fut l’adhésion qu’elles donnèrent aux cultes sémitiques de l’Orient. Tandis que leurs maris, leurs pères, leurs frères délaissaient les Pénates du foyer domestique pour les sanctuaires de Bacebus, et

1. A oyez Troplong, De l’infî. du Christ, sur le droit- civil, romain, édition Bayle, p.

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