Lois de Manou, V, i5a
Lanessan. Religions. jj
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LA MORALE RELIGIEUSE DES PEUPLES ARYENS
renls paternels, du souverain : une femme ne doit jamais se gouverner a sa guise \ » Voici qui est encore davantage en concordance avec les idées sémitiques et en opposition avec la conception aryenne : «Il n'y a ni sacrifice, ni pratique pieuse, ni jeûnes qui concernent les femmes en particulier S); c'est-à-dire que la femme, d'après la Loi de Manou, n*a pas de place dans la religion.
A l'époque des hymnes, au contraire, elle y jouait un un rôle indispensable. Faut-il attribuer cette transformation à une simple évolution des idées des aryens, ou à l'introduction des principes sémitiques ? Il semble bien que cette seconde hypothèse soit la plus plausible.
Lorsque la Loi de Manou déclare que « dans toutes les classes, ce sont principalement les femmes qui doivent être surveillées sans cesse ^ » elle semble s'inspirer de la défiance qui enveloppe la femme dans les sociétés hébraïques. Il en est de même des prescriptions suivantes : « Jour et nuit les femmes doivent être tenues dans un état de dépendance par leurs protecteurs ; et même lorsqu'elles ont trop de penchants pour les plaisirs innocents et légitimes, elles doivent être soumises par ceux dont elles dépendent à leur autorité. — Si les femmes n'étaient pas surveillées elles feraient le malheur de deux familles. — Que les maris, quelque faibles qu'ils soient, considérant que c'est une loi suprême pour toutes les classes, aient grand soin de veiller sur la conduite de leurs femmes. En effet un époux préserve sa lignée, ses coutumes, sa famille, lui-même et son devoir, en préservant son épouse \ » — « Il est dans la nature du sexe féminin de chercher ici-bas à corrompre les hommes, et c'est pour cette raison que les sages ne s'abandonnent jamais aux séductions des femmes. — En effet une femme peut en ce monde écarter du droit chemin, non seulement l'insensé, mais aussi l'homme pourvu d'expérience, et le soumettre au joug de l'amour et de la passion. — Il