‹ La morale des religions [microform]Chapitre 103 sur 340 · I. Lois de Manou, \, i54a. Ibid., V · texte numérisé non relu

I. Lois de Manou, \, i54a. Ibid., V

LA MORALE FAMILIALE DU BRAHMANISME lei

Le mari exige qu'elle soit vierge quand il la prend ; il veut qu'elle redevienne, en quelque sorte, vierge après s'a mort. La femme est donc, dans la morale de Manou comme dans celle de Moïse, la propriété de son mari : « Les paroles de bénédiction et le sacrifice au Seigneur des créatures (Prad- * japati), ont pour motif, dans les cérémonies nuptiales, d'as- * surer le bonheur des mariés ; mais l'autorité de l'époux sur la femme repose sur le don que le père lui a fait de sa fille au moment des fiançailles». » Il est facile de voir par cet article quelle transformation s'était produite, au moment où fut rédigé le Code moral de Manou, dans les idées qui régnaient jadis parmi les Aryas. A l'époque des hymnes, la jeune fille se donne elle-même librement à celui qu'elle aime et qu'elle a choisi ; à l'époque des Lois de Manou, elle est donnée par son père au fiancé qui l'épousera, qui deviendra son maître et qui exigera sa fidélité même dans le cas où il viendrait à mourir. Cette transformation dans les idées fut-elle due simplement au passage de l'état primitif, où la nature seule fait valoir ses droits, à une phase de civilisation dans laquelle l'égoïsme paternel devient assez intense pour imposer ses intérêts à la jeune ûlle? Faut-il 1 attribuer plutôt à la pénétration parmi les Aryas des idées qu, avaient été exprimées déjà dans les Livres sacrés des Hébreux ? Il me paraît difiicilc de répondre à cette question. La deuxième hypothèse paraît admissible, si l'on tient compte d'une foule d'autres prescriptions dont je vais maintenant parler.

Voici, par exemple, des règles qui paraissent être passées directement des sociétés sémitiques dans celle des Aryas : (( Une petite fille, une jeune femme, une femme avancée en âge, ne doivent rien faire suivant leur propre volonté, même dans leur maison. — Pendant son enfance, une femme doit dépendre de son père; pendant sa jeunesse, elle dépend de son mari ; son mari étant mort, de ses fils ; SI elle n'a pas de fils, des proches parents de son mari, ou a leur défaut, de ceux de son père ; si elle n'a pas de pa-

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