‹ La morale des religions [microform]Chapitre 11 sur 340 · Ibid., chap. xxiv · texte numérisé non relu

Ibid., chap. xxiv

2. Chroniques, livre II, chap. xxxiv, 33. — On a contesté que les Israélites aient adoré, dans la Palestine, d'autres dieux qu'Iahvé. M. Edouard Dujardin, par exemple, a soutenu que si les auteurs sacrés ont parlé d'un Moloch, d'un Haal, d'une Astarté, adorés par les Hébreux, c'est uniquement parce qu'ils ont confondu ces m<»ts, qui étaient de simples titres d'Iahvé, avec les dieux des Cananéens et des Phéniciens. « Il ne put y avoir, dit-il (Les origines du Judaïsme, in Revue des Idées, i5 avril njo^, p. 2G6), sur la terre d'Israël des autels à (^amos, ni sur la terre phénicienne, des autels à lahveh. Que des princesses syriennes, amenées, au hasard des alliances, à régner dans le sérail des rois israélites, aient a|)porté avec elles l'image de leur dieu natal ; que des rois, pour plaire à la sultane favorite, pour faire leur cour à l'allié phéni-

.Sîtafel

LA MORALE DES LIVRES SACRÉS DU JUDAÏSME

Deutéronome condamnait à la peine de mort tout Israélite convaincu d'adorer d'autres dieux que le Dieu national. (( Quand il se trouvera au milieu de toi, dans quelqu'une des villes que l'Eternel, ton Dieu, te donne, un homme ou une femme qui fasse ce qui est mauvais aux yeux de l'Eternel, ton Dieu, en transgressant son alliance, et qui aille et serve d'autres dieux, et qui se prosterne devant eux, devant le soleil ou devant la lune, ou devant toute l'armée des cieux, ce que je n'ai pas commandé ; et que cela t'aura été rapporté, et que tu l'auras appris ; alors tu t'informeras exactement, et si tu trouves que ce qu'on a dit soit véritable et certain, et que cette abomination ait été commise en Israël, tu feras sortir vers tes portes cet homme, ou cette femme, qui aura fait cette méchante ac-

cien, pour d^siiriner la colère «lu dieu «^Iranger, aient été jusqu'à élever dans leur royaume des autels à Bel, à Astarté, la chose est possible et semble vraisemblable ; mais il n'y eut là que des exceptions, et la vieille reli^rion nationale n'en fut jamais altérée ; la célèbre réforme de Josias se réduit historiquement à rien... Mais, si lahveh réjjna seul en Israël, il faut savoir qu'il v fut adoré sous de nombreux vocables..., et les savants l'oublient qui ont cru qu'Iahvch dieu, lahveh seigneur, lahveh du pacte étaient des dieux dilTérenls. Ûieu se dit en hébreu El ; roi se dit Meick, seigneur se dit Baal ; et de nombreux sanctuaires étaient élevés à lahvé El, à lahveh Melek, à lahveh Baal. Ce fut la source de la plus étrange et de la plus persistante confusion. » Les écrivains juifs prirent l'épithète Baal pour le dieu Bel des Phéniciens, celle de Melek pour le dieu ammonite Moloch ; « on confondit le tronc d'arbre ashera (v. ci-dessus, p. i3, note i) avec l'Astarté phénicienne, en hébreu Astaroth », et l'on crut que les Hébreux avaient ad(»ré les dieux des Phéniciens ou des Ammonites.

Cette opinion est tellement en contradiction avec celles admises par la généralité des historiens qu'il me parait indispensable de rappeler ces dernières. On a d'abord expliqué la facilité avec laquelle les Hébreux adoptèrent les cultes des Cananéens et des Phéniciens par l'idée répandue chez la plupart des peuples primitifs, d'après laquelle l'étranger qui arrive dans un pays doit s'en rendre les dieux favorables eu leur accordant le même culte que les habitants du lieu. Adorer les dieux de Canaan dût donc apparaître aux tribus d'Israël comme un devoir impérieux, au moment où ellesentrèrent dans ce pays. En second lieu, tout peuple primitif est naturellement porté vers l'idolâtrie ; il s'y adonne surtout avec ardeur si les pratiques du culte sont de nature à lui procurer des émotions ou des plaisirs. Or, c'était le cas des religions de la Phénicie et de Canaan, avec leurs sacrifices humains, leurs saturnales, etc. Il est donc permis de prendre à la lettre les écrivains juifs parlant des cultes idolàtriques auxquels se livraient leurs ancêtres et dont ils purent même être les témoins. Enfin, par quelle grâce divine, les Hébreux auraient-ils échappé à la contagion de pratiques dont le spectacle leur était offert par tous les peuples avec lesquels ils avaient été en contact pendant le cours de leurs migrations et au milieu desquels ils vécurent après leur fixation en Palestine ? Partout se ftiisaient des sacrifices humains, partout aussi régnait la prostitution sacrée.

tion, soit l'homme, soit la femme, et tu les lapideras et ils mourront*. »

On devait aussi mettre à mort tout Israélite, même un ami, un parcnl, un membre de la famille qui conseillait d'adorer un autre dieu que lahvé. « Quand ton frère, fils de la mère, ou ton fils, ou la fdle, ou la femme bien aimée, ou ton ami, qui t'est comme ton ûme, t'excitera en secrel, en disant : allons cl servons d'autres dieux que tu n'as pas connus, ni toi, ni les pères, d'enire les dieux des peuples qui sont autour de vous, près de toi ou loin de toi, d'un bout delà terre jusqu'à l'autre in'aie point de complaisance pour lui, et ne l'écoute point.' Mais tu ne manqueras point de le faire mourir : ta main sera la première sur lui pour le metire à mort, et ensuite la main de tout le peuple.

A Babylone, (c non seulement chaque fille, pour obtenir la permission de se nnme,. devait au moins une fois dans sa vie, à la fête des Sacées fSukhoth) scl.e l.vrce a un étranger, mais encore plusieurs temples, notamment celui lit:";:-'?; '--.•"•'•-^"'- ^^ P-fession, qni ne po'uvaient iu^pu.t^ment s soust.a. e a leur servie mét.er. Cet usage était aussi fort répandu dans l'Asie o-.den,aIe » ; .1 ava.t son principe dans l'idée que « les dieux qui accordent la fccond.te ne répandent avec abondance leurs bénédictions qu2 si des pe^ sonnes nombreuses se vouent à leur service et les servent d'une manière en ton conforme a leur nature >,(T.kle, ///./. compar. .les anc, refig. de lEaype enirs prnple. se^nUi^^es, p. 46^). A Byblos et à Tvr on célébrait, en oS •laque année, des h tes eu l'honneur d'Adonis. D'abord funèbres, ces f/të se lenn.na.ent par de lu-enceuses saturnales, destinées à célébrer la résurrection H" d.eu : « Les femn.es qui avaient refusé de se consacrer eu cZant eu chevelure eta.ent l.vrées aux étrangers ; les vierges devaient faire!' !rfi"ê de leur honneur aux d.eux, et le prix de la prostitution sacrée était ver éd.ns le trésor du temple » (IbiH., p. 29,). L'auteur ajoute : « Ces ê es n'étaien .as, d ameurs, exclus.vement propres à la sainte b' blos. On les retro ve d.ù MedeChvpre, en Syrie, dans le pays de Canaan et dans toute Te o^idenlale. Les sraél.tes, après les avoir empruntées aux Cananéens furentlien longtemps a s'en détacher. Au temps d'Ezéchiel, eu Judée, corn né d ^ 'exi

et résumant ces pronhéties • « F 'wImU...:^ i ■ • ^' * -^ -^)

Page 1