‹ La morale des religions [microform]Chapitre 122 sur 340 · HuNTER, Indian Empire · texte numérisé non relu

HuNTER, Indian Empire

Lanessa^n. Religions.

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m LA MORALE RELIGIEUSE DES PEUPLES ARYENS

à décrire. Quelquefois, pour ne pas dire toujours, il arrive qu'un des acteurs est étouffe dans la foule en délire ; aussitôt tous se jettent sur son cadavre encore palpitant, le déchirent avec les ongles et les dents, s'arrachent les uns aux autres les morceaux de sa chair et les mangent tout crus, comme étant la chair d une victime agréable à la déesse'. » Eni86i, « le prince régnant de Djeypore, dans la province d'Orissa. montant sur le trône, immola une jeune vierge de treize ans dans le temple de Durga, autre forme de KaU, au milieu de la ville même de Djeypore, afin d'obtenir pour son règne succès et prospérité' ». Dans les états ou principautés de Djeypore, Buchar, Chinna-Kimnédy, Gomsar, Bond, Sonepore et Darpalla, on observait, à une époque récente, en l'honneur de Sankari, auti-e épouse de Siva, une cérémonie annuelle où l'on sacrifiait une victime humaine. On enivrait celle-ci avec de l'opium ci du datura, on lui brisait les jambes et les bras pour qu'elle ne put pas opposer de résistance, puis « le prêtre lui ouvre la poitrine, et recueillant le sang qui sort de cette blessure, il le répand sur la terre pour la rendre fertde ; enfin il la frappe de sa hache: aussitôt la foule se précipite sur elle afin d'obtenir un morceau de sa chair, et bientôt il n'en reste que les os entièrement dénudés. La tête, les entrailles et les os sont conservés avec soin jusqu'au jour suivant ; on les brûle alors et les cendres qu'on en recueille sont répandues sur les champs. En quelques circonstances, surtout dans les temps de sécheresse, après avoir attaché la victime, on applique des torches ardentes à divers endroits de son corps, et on la torture de diverses manières pour l'obliger à pleurer, dans la persuasion que ses larmes feront tomber la pluie : et on la conserve dans cet état jusqu'au lendemain où elle est mise en pièces ^ » Les caractères donnés k l'idole de Kali ont été combinés pour inspirer la terreur. Elle est représentée « sous la forme d'une femme noire, avec quatre bras: dune main elle tient un

sabre, d'une autre la tête d'un géant vaincu, tandis qu'avec les deux autres elle encourage ses serviteurs à lui adresser leurs hommages. Pour pendants d'oreilles, elle porte deux cadavres : pour collier une guirlande de crânes, tandis que son unique vêtement se compose d'une ceinture de mains humaines enfilées dans un cordon. Ses yeux sont rouges comme ceux d'un ivrogne : son visage et sa poitrine sont souillés de sang : sa langue est pendante hors de sa bouche ; elle se tient debout, un pied sur les cuisses l'autre sur la poitrine de Siva étendu par terre ' . »

Des temples sont dressés, encore à notre époque, à cette aff^reuse divinité. On ne saurait donc trouver étrange que la vache, le singe ou le serpent aient les leurs, dans lesquels s'empressent des foules énormes de fidèles, aux jours des cérémonies solennelles. Certains adorateurs de ces dieux grotesques, licencieux, méchants ou ascètes jusqu'au délire se modèlent sur les objets de leur adoration. Des sectateurs de Siva, voulant imiter son austérité, se montrent aussi méchants envers eux-mêmes qu'il peut l'être lui-même envers les autres dieux ou les hommes. « On en rencontre des milliers qui errent dans le pays, à peine ou même pas du tout vêtus, les cheveux et la barbe sales et en désordre, couverts de cendres, sans demeures, sans abris, vivant d'aumônes. Il y en a qui tiennent leurs bras, leurs jambes dans la même posture pendant des années, de manière qu'ensuite ils ne peuvent les mouvoir: d'autres laissent croître leurs ongles jusqu'à ce qu'ils s'enfoncent dans les chairs ; quelques-uns s'obstinent a regarder fixement le soleil jusqu'à ce qu'ils deviennent aveugles: quelques autres s'imposent un silence si absolu et si prolongé qu'à la fin ils ne peuvent plus parler ; ceux-ci s'enivrent, ceux-ci s'habituent à manger les objets les plus immondes pour montrer leur dévotion envers leur dieu^ )) Les membres delà secte des Aghara-Panlhis, par exemple, « se font remarquer par leur malpropreté dégoûtante: ils mangent tout ce qu'on leur off're, même des

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