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LA MORALE RELIGIEUSE DES PEUPLES ARYENS
vigueur courroucée. — Qu*il demeure au-dessous de toutes les trois terres... celui qui, nuit et jour, ourdit contre nous la perfidie. » Nous, bien entendu, ce sont les prêtres auteurs des hymmes. Comme le fait justement observer M. Oldenberg, « c'est surtout au généreux bienfaiteur des prêtres que le Véda promet les récompenses célestes, c'est l'ennemi des prêtres qu'il menace de la damnation. Dans les prières, on ne songe presque jamais à la mort que pour la souhaiter à son rival, ou pour implorer la longue vie, la vie de cent automnes. Dans le culte, abstraction faite du chapitre des honoraires à payer aux prêtres officiants, l'idée du salut éternel n'apparaît guère en dehors de l'instant même des funérailles. Mais là elle s'accompagne d'un minutieux souci du détail : qu'Agni n'endommage point le cadavre : qu*Agni et Sôma lui restituent les chairs qu'aurait rongées la fourmi ou le corbeau : que la scrupuleuse observation de chaque rite permette à l'âme d'atteindre le séjour qui lui est destiné. Pour que, de ce terre à terre, on s'élève au spiritualisme dont déborderont les âmes au temps du monachisme bouddhique, pour qui la vie n'est qu'une préparation h la mort, il faudra que l'intelligence se pénètre du triomphe de l'éternité sur la durée périssable*. » Probablement aussi, faudra-t-il qu'un esprit distinct de celui des Aryas se glisse dans leurs conceptions religieuses : mais cet esprit était si étranger à la race que son influence fut simplement passagère.
§ II. — Les sanctions morales du Brahmanisme.
C'est dans un sens tout différent que se déroula l'évolution du brahmanisme. Il resta dans le « terre à terre », il s'y enfonça même. Il attribua de plus en plus le caractère de fautes, de péchés, à des actes qui n'avaient en euxmêmes rien de coupable, qui souvent étaient involontaires; ils multiplièrent à l'infini les souillures afin de multiplier