‹ La morale des religions [microform]Chapitre 138 sur 340 · I. Oldemberg, p · texte numérisé non relu

I. Oldemberg, p

les purifications, les expiations, les sacrifices, tout ce dont les prêtres tirent profit. Les sanctions morales, à leur tour, prirent un caractère aussi ridicule ou aussi odieux que celui îles divinités, des péchés et des expiations. Comme toutes les religions constituées, ayant des Uvres sacrés, une morale officielle et un corps sacerdotal, le brahmanisme attribue la même gravité à des fautes très préjudiciables aux hommes et à de simples manquements aux prescriptions ou aux interdictions des Livres sacrés. On ht, par exemple, dans la Loi de Manou: « Oubher la Sainte-Ecriture, montrer du dédain pour les Védas, porter un faux témoignage, tuer un ami, manger des choses défendues, ou des choses auxquelles on ne doit pas goûter à cause de leur impureté, sont six crimes presque semblables à celui de boire des liqueurs fortes'. » Et encore : (( Tuer un insecte, un ver ou un oiseau, manger ce qui a été apporté avec une liqueur spiritueuse dans un panier, voler du huit, du bois, des fleurs, sont des fautes qui causent la souillure '. ))

D'aulie part, en même temps que le brahmanisme se pénétrait du sensualisme brutalement lubrique constaté plus haut, il limitait le but de sa morale aune soidisant perfection individuelle d'où ne pouvait résulter m aucun progrès intellectuel ni aucun avantage social. De même qu'il condamnait les castes, muUiphées sans Umites, à ne jamais sortir de leurs étroites frontières, il amenait les individus à ne chercher la perfection que dans un renoncement au monde, aussi nuisible à chacun que peu profitable à l'ensemble du corps social. L'homme vertueux du Hig-Véda était un être sociable : le prêtre ne lui demandait que de ne pas oublier les sacrifices et les sacrificateurs ; il ne le détournait pas de la société. Tout diff*éremment agit le brahmanisme. Pour certains sectateurs de Vishnu, il n'y a qu'une règle morale: croire. Le fondateur de l'une des sectes vishnuvites, Chaïtanya met, dans la bouche de Krishna, lune des incarnations de Vishnu, les paroles que

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