I. î^ois de Manou, livre
a. Livre XII, 53-67.
une autre sanction de cet ordre : (( Ceux qui commettent des actes de cruauté deviennent des animaux avides de chairs sanglantes : ceux qui mangent des aliments défendus deviennent des vers. » L'énuméralion continue ainsi en indiquant la sorte d'animal ou d'homme dans laquelle chaque coupable dune faute délermince devra transmigrer et en confondant les fautes purement liluelliques avec celles qui portent préjudice h un membre de la société '.
Ces sanctions morales ridicules peuvent être rachetées par une foule d'actes expiatoires dont beaucoup ne sont pas moins ridicules que les sanctions. Il y a une pénitence prévue pour cbacjue faute commise soit au préjudice des hommes, soit contre les animaux, soit en violation des prescriptions religieuses. H y a aussi des moyens très variés de se purifier de toutes les souillures auxquelles on a été exposé. (( La science sacrée, les austérités, le feu, les
I. On a cru pendant lon^ftenips, sur la foi d'Hérodote, que la doctrine de la niétenips} chose avait aussi régné en Egypte, et l'on aurait pu être tenté, en raisou de l'extrême ancienneté du déveIoppe^^ent de ce dernier pays, de supposer qu'elle se serait répandue de l'Egypte dans l'Inde. On sait aujourd'hui qu'Hérodote avait commis une erreur et que la sanction morale des Egyptiens ne résidait pas, comme celle du Brahmanisme, dans la migration des âmes humaines h travers des corps d'animaux terrestres. Les Egyptiens ne crurent jamais qu'après sa mort l'homme revenait sur la terre. Il était d'abord jugé par Osiris. S'il était condamné, il subissait une deuxième mort par décapitation, puis était précipité dans l'enfer on il était soumis à la peine du feu et à une foule d'autres châtiments, entre lesquels celui d'être dévoré par les mauvais esprits et rejeté avec leurs excréments. Mais au-dessus de ces peines dominait le i»éjour éternel dans l'obscurité la plus complète et la condamnation à l'oubli le plus absolu. Si le mort était l'objet d'un jugement favorable, s'il était considéré comme digne de devenir un Osiris, de se fondre dans l'Etre divin et bon, il avait encore h subir des épreuves comparables au purgatoire des chrétiens. Il est soumis dans le monde souterrain, aux attaques de monstres de toutes sortes et — ce qui permet de comprendre l'erreur d'Hérodote — il lui arrive de prendre des formes animales très diverses pour échappera ses ennemis, jusqu'à ce que son âme, qu'accompagne toujours son ombre sous la forme «l'un épervier h tête humaine, soit réunie h son corps. Si, en face de tous les dangers, il était resté inébranlable « s'il combattait vaillamment avec la lance sacrée et avec les paroles magiques des livres et des hymnes saints, il atteignait enfin les champs bienheureux de l'Aalon (ou Aaron) où on lui servaii des mets délicieux. Là il peut reprendre les travaux auxquels il se livrait pendant s<i vie, cultiver la terre et récolter des moissons d'une richesse fabuleuse ; là il est inondé de l'éclat de la gloire d'Osiris, et se rassasie de la contemplation du dieu de la lumière ; là il peut lui-même, comme un esprit de lumière (chou) cingler dans l'océan céleste dans la barque du soleil, ou briller pendant la nuit comme une étoile (sakou) au firmament ». (Ïiele, Hist. conip. des anc. relig. de l'Egypte el des peuples sémitiques, p. ^Q-)
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LA MORALE RELIGIEUSE DES PEUPLES ARYENS
aliments purs, la terre, l'esprit, l'eau, l'enduit fait avec la bouse de vache, l'air, les cérémonies religieuses, le soleil et le temps : voilà quels sont les agents de la purification pour les êtres animés. — Les hommes instruits se purifient par le pardon des offenses, ceux qui négligent leurs devoirs, par les dons ; ceux dont les fautes sont secrètes, par la prière à voix basse ; ceux qui connaissent parfaitement le\ éda, par les austérités. — La terre et l'eau purifient ce qui est souillé : une rivière est purifiée par son courant : une femme qui a eu de coupables pensées par ses règles : un Brahmane devient pur en se détachant de toutes les affections mondaines. » Quand on se trouve sur le lieu où un parent est mort, on ne peut se purifier qu'en « se nourrissant de riz non assaisonné de sel factice, se baignant pendant trois jours, s'abstenant de viande et couchant à part sur la terre. » « Celui qui a louché un Tchandâla, une femme ayant ses règles, un homme dégradé pour un grand crime, une femme qui vient d'accoucher, un corps mort ou une personne qui en a touché un, se purifie en se baignant. — Pour purifier les organes par lesquels sortent les excréments et l'urine, on doit employer de la terre et de l'eau autant qu'il est nécessaire, ainsi que pour enlever les douze impuretés du corps. — Celui qui désire la pureté doit employer un morceau de terre avec de l'eau pour le conduit de l'urine ;ildoit en employer trois pour l'anus ; dix pour une main, la gauche, qui est celle dont il faut se servir pour cette purification, et sept pour les deux ou plus s'il est nécessaire. — Cette purification est celle des maîtres de maison ; celle des novices doit être double, celle des anachorètes triple ; celle des mendiants ascétiques, quadruple'. » Le novice qui a péché contre la chasteté expie sa faute par le sacrifice d'un âne dont il doit manger l'organe génital ; il recouvre ainsi l'énergie que le manquement à la chasteté lui avait enlevée".