Oldenbkrg, Le Bouddha, p. 3o3. a. Ibid.t p
son fidèle disciple Ananta sur les motifs de son silence, le Bouddha se borne à des réponses qui n'en sont pas '.
L'attitude du fondateur de la nouvelle religion était la même en ce qui concerne le « devenir » de l'homme qui a pu se soustraire h la douleur, qui est parvenu à l'état de Parfait. Entre une de ses disciples vénérées, la nonne Khêma, et Pasênadi, roi de Kosala, a lieu sur ce sujette dialogue suivant : (( Révérende, le Parfait (Tdthûgala cxiste-t-il au delà de la mort ? — Le Bienheureux, ô grand roi, n'a pas révélé que le Parfait existât au delà de la mort. — Ainsi le Parfait n'existe pas au delà de la mort, ô Révérende ? — Cela non plus, grand roi, le Bienheureux ne l'a pas révélé, que le Parfait n'existât pas au delà de la mort. » Pressée de questions, la nonne finit par dire: « Le Parfait, ô grand roi, est affranchi de voir son être mesurable avec les mesures du monde corporel : il est profond, immesurable, insondable comme le grand Océan. Que le Parfait existe au delà de la mort, cela n'est pas exact ; que le Parfait n'existe pas au delà de la mort, cela non plus n'est pas exact: que le Parfait à la fois existe et n'existe pas au delà de la mort, cela non plus n'est pas exact ; que le Parfait n'existe ni n'existe pas au delà de la mort, cela non plus n'est pas exact. )) El Pasêdani, le roi de Kosala, accueillit avec satisfaction et approbation les paroles de Khêma, la nonne, se leva de son siège, s'inchna avec respect devant elle, « fit le tour de sa personne et s'en alla -. »
Les réponses dilatoires dont le moine errant Vacchâgolta et le roi Pasênadi pouvaient se contenter, parce qu'ils étaient,
I. Voy. : Oi.DENBERG, p. 271.011 lit dans les livres classiques chinois: « Kilou demanda comment il fallait servir les esprits et les génies. Le philosophe dit : « Quand on n'est pas en état de servir les hommes, comment pourrait-on ser- « vir les esprits et les génies?— Permettez, ajouta-t-il, que j'ose vous de- « mander ce que c'est que la mort ? — Le philosophe dit : Quand on ne sait « pas encore ce que c'est que la vie, comment pourrait-on connaître la mort ? » (Lun-Fn, xi, 11 ; in de Lanessan, La morale des philosophes chinois, p. 87.) Il me paraît intéressant de rapprocher ce petit dialogue chinois de ceux dans lesquels le Bouddha ou ses disciples montrent un égal scepticisme à l'égard des questions qui font l'objet le plus constant des études de nos métaphysiciens. »