‹ La morale des religions [microform]Chapitre 148 sur 340 · DE LA MORALITÉ DANS LTNDE · texte numérisé non relu

DE LA MORALITÉ DANS LTNDE

S'il est une religion dont il soit possible de dire qu'elle a contribué au progrès de la moralité privée ou publique de ses adhérents ce n'est point, à coup sûr, le Brahmanisme. 11 n'en est pas qui ait eu des divinités plus vicieuses, une morale plus enfantine, plus ridicule ou plus grotesque, des sanctions plus étranges et moins aptes à inspirer le bien, à éloigner du mal. Certes, il est possible, avec beaucoup de subtilité d'esprit, de trouver, pour quelques-unes de ses légendes, des explications métaphysiques plus ou moins plausibles : mais ce n'est point cela que le peuple ignorant y peut voir. Indra ne saurait être à ses yeux qu'un être grossier, violent, ivrogne, lubrique, dont il peut sans crainte imiter les vices puisqu'ils sont ceux de l'un des plus grands dieux du panthéon brahmanique. Kali ne peut que lui inspirer le goût de la débauche mêlée aux plus sanglantes brutalités. Que peut-il voir dans Krishna et dans ses prêtres efleminés, si ce n'est la justification des pires aberrations des sens et du plus honteux servage.^ Certains adorateurs subtils du Linga de Siva et de l'Yoni de son épouse bienaimée Sati, peuvent expHquer les pratiques de leur culte par des mythes plus ou moins métaphysiques, se déroulant autour de l'idée de la génération qui préside au développement des mondes; mais le vulgum pecus de l'Inde n'y met point tant de subtilité; il ne voit dans les images lubriques auxquelles il fait ses ablutions et ses ollrandes que des excitants de ses passions. Quelles idées morales, quels préceptes de conduite peut-il puiser dans le culte du serpent ou dans

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