LA MORALE RELIGIEUSE ET L ÉVOLUTION MORALE DANS L'INDE
celui du singe, dans l'adoration de la vache, dans les hommages qu'il rend à ce Ganesa, fds de Siva, dont le corps ventru, assis sur un rat, se termine par une tête et une trompe d'éléphant? Les prêtres qui l'inventèrent ont réussi à faire croire au public que ce dieu grotesque est l'incarnation de la sagesse ; ils ont su le rendre tellement populaire que son idole se trouve partout, aux carrefours des routes , et qu'on l'invoque dans toutes les circonstances de la vie, avant un mariage comme au début d'un poème ; mais, quelle que soit la sottise de ses adorateurs, n'est-il pas évident que le résultat le plus clair de leurs adorations est de les rendre plus sots encore? Est-il possible d'imaginer rien de plus ridicule que la prière adressée à cet être immonde par l'auteur du Gaiiapati Upanishand : (( Celui qui médite continuellement sur la forme divine, la concevant comme n'ayant qu'une dent, avec quatre bras, avec un rat sur ta bannière, d'un teint rouge, avec un gros ventre, oint de parfums de couleur rouge, vêtu d'habits rouges, orné de fleurs rouges, abondant en compassion, la cause de cet univers impérissable, non produit, non affecté par la création ; celui-là devient le plus excellent des Yoghis. Louange, donc à toi, ô Ganapati; quiconque médite sur celle figure de l'Atharva-Siras ne sera jamais arrêté par les difficultés, il sera déhvré des cinq grands péchés et de tous les moindres ; il acquerra des richesses, les objets de ses désirs, la vertu et la béatitude finale*. » Une telle prière formulée devant une pareille idole ne donne-t-elle pas une idée de la perturbation d'esprit à laquelle le brahmanisme conduit les hommes parmi lesquels il s'est répandu ?
Afin d'accroître leur puissance, les prêtres du Brahmanisme ont adopté toutes les divinités qu'il a plu aux races multiples de flnde de concevoir. Ils les ont introduits dans son olympe avec l'espoir, justifié par l'événement, qu'ils gagneraient ainsi la confiance de leurs fidèles et que leur puissance augmenterait avec le nombre des dieux ; il n'est pas permis de contester qu'ils aient atteint leur but. Les deux