I.A MORALE DE SOCRATE
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Les sages recueillent ces fruits ; ils sont refusés à l'intempérant. . . Il n'est donné qu'à l'homme tempérant de rechercher ce qu'il y a de mieux en toutes choses, de les distinguer entre elles par le secours du raisonnement et de l'expérience, de choisir les bonnes et de rejeter les mauvaises ' . »
Socrate se montrait encore le précurseur de 1 Ecole épicurienne en ce qu'il n'admettait pas d'autres sanctions morales que le plaisir ou le désagrément déterminés, dans ce inonde même, par les actes que l'on commet. Si l'on est tempérant, c'est-à-dire si l'on satisfait modérément tous ses besoins, si on ne leur permet pas de se transformer en passions d'où naissent les vices, on est heureux; si. au contraire, on s'abandonne à l'intempérance, on perd toute liberté, on fait des sottises, on commet des fautes et l'on souffre. « L'intempérance qui ne nous permet pas d'endurer la faim, la soif, les veilles, disait-il, nous empêche par cela même de trouver une véritable douceur à satisfaire les besoins ([lie la nécessité nous impose. Pourquoi trouve-t-on du plaisir à contenter la faim, la soif, l'appétit, à se livrer au repos, au sommeil.^ G'estr qu'on a été préparé par les rigueurs de la privation à tous les charmes de la jouissance. La tempérance seule nous apprend à supporter le besoin ; seule, elle peut nous faire connaître des plaisirs réels ". »
Pour engager ses auditeurs à la tempérance, à l'aide d'arguments utilitaires, il la montrait encore comme la source des plaisirs intellectuels : « apprendre à connaître ce (|ui est beau et bon, disait-il, rechercher ce qui peut mettre à même de perfectionner son corps, de bien conduire sa maison, de servir ses amis, de soumettre ses ennemis : voilà la source des plus grands avantages et de la plus inaltérable volupté. » Or, l'homme tempérant seul est en état de faire une pareille étude. Xénophon témoigne que le philosophe appliquait ces principes utilitaires à sa propre conduite et qu'il disait volontiers, à propos des