Ibid., livre IX, i
pitulalions et (les trêves... Seuls, les êtres intelligents ont 0!iblié aujourd'hui celte mutuelle aflection ; à peine aperçoil-on un exemple de ce concours. Cependant, les hommes ont beau fuir, ils sont arrêtes : la nature est la plus forte. Tu verras ce que je le dis si tu y prends garde. Oui, on trouverait plutôt un corps terrestre sans rapport avec aucun autre objet terrestre, qu'un homme ayant rompu tout commerce avec un autre homme*. »
De ces principes généraux, Marc-Aurèle lire les devoirs que chaque homme doit remplir envers les autres hommes: (( N'aie qu'un but unique, régler ton mouvement et Ion repos conformément au bien de la société ^ — De même que tu es un complément du système social, de même chacune de tes actions sert de complément à la vie sociale. Toute action de toi qui ne se rapporte pas, soit immédiatement, soit de loin, à la vie commune, met le désordre dans ta vie, lui oie son unité; c'est le rendre factieux, comme, chez un peuple, on l est à rompre l'accord qui existe entre les citoyens^. — Tout désir, toute action ne doit avoir d'autre but que le bien de la société ; car c'est là ce qui est conforme à la nature*. — En tant que j'ai un rapport de parenté avec les parties de même espèce que moi, je ne ferai rien qui ne serve au bien de la société: mieux encore, je rapporterai tout à ces êtres de même espèce que moi ; je dirigerai toute mon acli\ilé vers le bien général, et je la détournerai de tout ce qui y est contraire. Si j'agis de la sorte, ma vie coulera nécessairement heureuse ; comme lu peux concevoir que coulerait celle d'un citoyen qui marquerait chaque pas de son existence par des actions utiles à ses concitoyens, et qui accepterait avec joie ce que lui départirait l'Etat". — J'ai fait quelque chose d'utile à la société.'^ J'ai donc fait ce qui m'est utile. Aie toujours cette vérité présente à ton esprit ; ne cesse jamais