Ibid., livre VI, xxxviii
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LA MORALE DES STOÏCIENS
séquence de l'autre, et cela en vertu de la connexion qui l'entraîne et de l'unité de la matière. — Toutes choses sont liées entre elles et d'un nceud sacré ; il n'y a presque rien qui n'ait ses relations. Tous les êtres sont coordonnés ensemble, tous concourent à l'harmonie du même monde; il n'y a qu'un seul monde, (|ui comprend tout '. — Le même rapport d'union (|u'ont entre eux les membres du corps, les êtres raisonnables, bien que séparés les uns des autres, l'ont aussi entre eux, parce qu'ils sont faits pour coopérer ensemble à une même œuvre. Et cette pensée touchera ton ame bien plus vivement encore, si tu te dis souvent à loimême : je suis un membre du corps que composent les êtres raisonnables ^ — Les êtres raisonnables existent les uns pour les autres. Le premier attribut de la condition humaine, c'est donc la sociabiUlé '. — Celui qui commet l'injustice est un impie. En elTet, la nature de l'univers ayant organisé les êtres raisonnables les uns pour les autres, afin qu'ils se prêtent, suivant le mérite de chacun, un mutuel secours, et qu'ils ne se nuisent jamais, celui qui transgresse la volonté de la nature commet évidemment une impiété envers la plus ancienne des déesses. xMentir, c'est aussi commettre une impiété envers la même déesse ; car la nature de l'univers est la nature de tous les êtres ; par conséquent, les êtres ont tous un lien de parenté entre eux *. — Plus un être l'emporte sur les autres, plus il est disposé à se réunir a son semblable. Pour ne pas aller bien loin, ne Irouve-t-on pas, parmi les êtres sans raison, des essaims d'abeilles, des troupeaux, des éducations d'enfants, et, pour ainsi dire, des amours ? Car il y a là déjà des âmes. Mais le penchant pour la société se trouve plus marqué dans les êtres plus parfaits, moins marqué dans les plantes, dans les pierres, dans le bois. Chez les animaux raisonnables, il y a des gouvernements, des amitiés, des familles, des confédérations et, pendant la guerre, des ca-