‹ La morale des religions [microform]Chapitre 211 sur 340 · L'Eylisc chrétienne, p. 290 el suiv · texte numérisé non relu

L'Eylisc chrétienne, p. 290 el suiv

de jour en jour. Les chefs de la société croyaient au progrès, y travaillaient. C'étaient des philosophes, des philanthropes, voulant sans utopie la plus grande application possible de la raison aux choses humaines... On avait lieu d être content de vivre. » Il dit d'Adrien : a Ses constructions couvraient le monde; les athénées qu'il fondait', les encouragements qu'il prodiguait aux lettres, aux beauxarts, les immunités qu'il accordait aux professeurs réjouissaient le cœur de tous les lettrés'. » Parlant d'Antonin, il dit ensuite' : « C'est le plus parfait souverain qui ait jamais régné... Enumérer ses vertus, c'est énumérer les qualités dont l'homme accompli est susceptible... Avec cela, simple, économe, tout occupé de bonnes œuvres et de travaux publics, éloigné des excès, exempt de rhétorique et de toute aiîectation d'esprit. Par lui, la philosophie arriva vraiment au pouvoir... ainsi l'idéal du monde semblait atteint ; la sagesse régnait... L'atTectation, le faux goût de la littérature tombaient : on devenait simple ; l'instruction publique fut l'objet dune vive sollicitude. Tout le monde s'améliorait; des lois excellentes, surtout en faveur des esclaves, furent portées ; le soulagement de ceux qui souffrent devenait le souci universel. . . A la cruelle aristocratie romaine se substituait une aristocratie provinciale de gens honnêtes, voulant le bien. La force et la hauteur du monde antique se perdaient : on devenait bon, doux, patient, humain. » A propos de Marc-Aurèle, il fait un tableau très exact de ce qu'était devenu le pouvoir impérial avec les empereurs philosophes : « Rien du prince héréditaire ou par droit divin ; rien non plus du chef militaire : c'était une sorte de grande magistrature civile, sans rien qui ressemblât à une cour, ni qui enlevât à l'empereur le caractère d un particulière » Dès son enfance, Marc-Aurèle avait mené la vie austère recommandée parles épicuriens et les stoïciens ; il continua de la pratiquer dans toutes les circonstances, jusqu'à ses derniers mo-

1. L'Ëijlisc citrétienne, p. 293. « Il n'adopla, dit Renan (^Ibid., p. 5), aucune religion, ni aucune pliilusopliie, mais il n'en niait aucune... cela le rendit tolérant. »

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