I. E. Re?ïam, Marr-Aureh, p
a. Il est certain que dès Tépoque de Plaute, c'est-i'i-dire au iii« sièrie avant notre ère, les Femmes étaient en possession du droit de réclamer le divorce, du moins celles qui n'étaient pas soumises à la puissance légale du mari. (Troplong, ibid., p. i5o.)
des pères et des fils également irrités contre lui. » Sénèque raconte ensuite avec admiration l'histoire de Titus Arius qui, «ayant surpris son fils au moment où celui-ci allait attenter à ses jours, se contenta, après avoir instruit son procès, de le condamner à l'exil, et même à un exil peu rigoureux, car il le relégua à Marseille, et il lui fit une pension égale à celle qu'il lui payait avant son crime ». Le philosophe ajoute à cette anecdote un détail très significatif au point de vue des modifications qui s'étaient produites dans les idées relatives à la puissance paternelle. Titus Arius ne se crut pas le droit moral de juger lui-même son fils : il réunit une sorte de conseil auquel il pria Auguste d'assister. Celui-ci, par respect pour la puissance paternelle, ne voulut pas que le conseil se réunît au palais ; il se transporta au domicile du père, et c'est lui qui fit prévaloir l'idée de l'exil. Ainsi, le père commençait à ne plus se reconnaître une puissance devant laquelle le chef de l'Empire tenait à s'incliner encore, par respect pour l'antique législation. La morale individuelle était en avance, en ce qui concerne la puissance paternelle, sur la morale gouvernementale. Sénèque se faisait l'interprète de la première lorsqu'il écrivait, à propos de ces faits : « quel est l'homme jouissant de sa raison qui déshérite son fils dès la première olTense } Des torts graves et multipliés ont-il vaincu sa patience, le mal qu'il redoute est-il plus grand que celui qu'il punit, alors seulement il se décide à prononcer cette terrible sentence. H tente auparavant tous les moyens pour ramener au bien un caractère encore indécis, ou même inclinant déjà vers le vice; il attend, pour recourir à de telles extrémités, que tout soit désespéré : il n'inflige ce châtiment qu'après avoir épuisé tous les remèdes'. » Il est évident que sans ces hgnes, Sénèque trace, à la fois, une leçon à l'usage des pères de famille, et le tableau de l'adoucissement réel qui s'était produit dans les mœurs famihales, depuis l'époque où le sénateur Fulvius condamnait à mort son fils pour avoir embrassé la cause populaire avec Gati-