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en raison de la faute commise par Adam. Comment sortir de cette situation? Le Livre sacré l'indique de la façon suivante : (( Le genre humain ainsi déchu ne pouvait être rélabH dans son premier état par aucune puissance créée. Il fallait que le Fils de Dieu, prenant l'infirmité de notre chair, détruisît la malice infinie du péché et nous reconciliât avec Dieu dans son propre sang '. » On pourrait croire
î. Caléch., p. aJ). Saint Thomas il'Aquin {Lu Somme, I, \*. 384) pose, h pi'ouos lie l'envoi de Jésus-(]lirist sur la terre, la question suivante : « Ksl-il convenable qu'une personne divine soit envoyée ? » La réponse eonolut dans ces termes : « La pei-sonne divine peut être envoyée eu tant qu'elle procède d'une autre et qu'elle commence à avoir une nouvelle manière d'être. C'est ainsi que le Fils a été envoyé dans le monde par le Tère, atin qu'il y paraisse sous une forme humaine, quoiqu'il v fut déjà par sa forme divine. » (I, p. 384-)
Formulé par le Concile de Nicée, eu 3i5, le dogme de la Trinité est encore le plus important de cette relijfion et le moins contesté, même par les protestants. Le Catéchisme du Concile «le Trenle dit à son sujet (p. fi) : « Qu'est-ce que le mystère de la Sainte Trinité ') — C'est le mystère d'un seul dieu eu trois personnes distinctes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit... Le Père, le Fils et le Saint-Esprit n'ont qu'une seule et même nature, une seule et même divinité, ce qui fait qu'ils sont égaux eu toutes choses. Il n'appartient qu'au Père d'êtie iuengendré, qu'au Fils d'être engendré du Père de toute éternité, qu'au Saint Esprit de procéder éternellement du Père et du Fils. Le Père n'est ni plus ancien ni plus grand que le Fils et le Saint-Esprit, car les trois personnes ont la même éternité et la même majesté. — Pourquoi affirmons-nous que le Père est la première personne ? — Pour indiquer que le Père est le principe de la Trinité et n'a pas lui-même de principe. ». Saint Thomas d'Aquin (Somme, I, p. 378) pose la question suivante : « La personne qui procède estelle coéteruelle à son principe de telle sorte que le Fils soit coéternel au Père?» Il répond: « Puisque le Père engendre le Fils non par sa volonté mais par sa nature qui est parfaite de toute éternité et qu'il n'y a dans l'acte de cette génération rien de successif, le Fils lui est coéternel. »
Tout cela étant de nature à révolter les intelligences les plus souples et à choquer la raison, le Catéchisme (p. 7) a soin de dire : « Nous devons étudier ce mystère en bannissant de notre esprit toute curiosité téméraire ; et en priant Dieu de nous découvrir son admirable fécondité, telle que les bienheureux la contemplent dans le ciel. » Il dit encore (p. 12): « La profondeur de ce mystère doit nous détourner de toute investigation subtile. Qu'il nous suffise de retenir la terminologie de l'Eglise et de savoir que l'unité est dans l'essence divine et la distinction dans ses personnes. L'image la moins imparfaite que nous puissons nous former des relations des personnes divines entre elles est tirée des facultés de notre âme. L'intelligence produit la pensée comme le Père produit le Fils et elle aime sa pensée comme le Père aime le Fils. « Dieu le Père, de toute éternité, se connaît et se contemple. Or, en contemplant ses infinies' perfections, il produit une image distincte de lui, mais en tout semblable à lui : comme lorsque nous nous regardons dans un miroir nous produisons une image qui nous ressemble. Mais au lieu d'être une représentation passagère et imparfaite, l'image que le Père produit en se contemplant est parftiite, infinie, vivante comme lui : c'est le Fils, Dieu égal en tout au Père. A leur tour, le Père et le Fils se connaissant parfaitement ne peuvent pas ne pas s'aimer ; ils s'aiment infiniment l'un et l'autre, et cet amour, parfait comme le Père et le Fils et vivant comme eux est le Saint-Esprit, en tout égal aux
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que le «fils de Dieu », en se faisant homme, a racheté l'humanité tout entière du péché commis par Adam. S'il en était ainsi, le prêtre n'aurait pas à intervenir : tout homme, depuis l'incarnation de Dieu dans Jésus-Christ, serait, par le fait même de cette incarnation, débarrassé du péché originel. Cette doctrine était trop contraire à l'intérêt de ceux qui ont inventé le péché originel pour qu'ils pussent s'y arrêter. Non,
deux autres personnes et procédant ?» la fois de l'une et de l'autre. » Saint Thomas d'Aquin demande, à propos du Saint-Esprit : « Procède-t-il du Père et du Fils ? » Et il répond : « Puisque le Saint-Esprit ne procède du Fils que parce que le Fils a reçu l'être du Père, on dit qu'il procède du Père par le Fils. » A cette autre question : « Le nom d'amour est-il propre au Saint- Esprit ? » Il répond : « Le nom d'amour pris dans une acception personnelle est le nom propre de l'Esprit Saint. » {Somme, I, p. 327, 33i.)
Il est intéressant de rapprocher la conception chrétienne de la Triuité de celles qui régnaient parmi les prêtres égyptiens et dont il a été question plus haut (voy. ci-dessus, p. a4i). H importe d'ajouter que c'est probablement en Kgypte que prit naissance la première idée de la Trinité chrétienne, de même que celle de la grâce et du péché originel. Le juif Philou, dont l'éducation était essentiellement grecque, fut celui qui les exprima le premier (voy. E. Re- >AN, Hisl. du peuple d'Israël, v, p. 353 et suiv.).
« L'idée d'une raison incarnée, c'est-à-<lire de la raison divine revêtant une fi.rme finie, est bien égyptienne. Depuis les époques les plus anciennes jusqu'aux livres hermétiques, l'Egypte proclame un Dieu, seul vivant en substance, engendrant éternellement sou semblable, Dieu double et unique en même temps. Le Soleil est le premier né, procédant éternellement du Père, ce Verbe, qui a fait tout ce qui est, et sansqul rien n'a été fait. — Le judaïsme, d'un autre côté, tendait «lepuis longtemps, pour sortir de sa théologie un peu sèche, h créer de la variété en Dieu, en personnifiant des attributs abstraits, la Sagesse, la Parole divine, la Majesté, la Présence..., un mot surtout devint fécond : ce fut le mot dabar, en chaldéen, mêmeia, la Parole. Les anciens textes faisaient parler Dieu dans toutes les occasions solennelles ; ce qui justifiait des phrases comme celles-ci : « Dieu fait tout par sa parole. Dieu a tout créé par sa parole. » Ou fut ainsi amené à considérer « la Parole » comme un ministre divin, comme un intermédiaire par lequel Dieu agit au dehors. Peu à peu on substitua cet intermédiaire à Dieu, dans les théophanies, les apparitious, dans ttms les rapports de la divinité avec l'homme. La dite locution eut de bien plus grandes conséquences encore chez les juifs d'Egypte, qui parlaient grec. Le mot lofjos, correspondant de l'hébreu dabar, ou du chaldéen mémera, avant à la fois le sens de « parole » et celui de « raison », on entra par ce mot dans tout un monde d'idées, «ui l'on rejoignait, d'une part, les symboles de la théologie égyptienne dont nous parlions tout à l'heure, et, de l'autre, certaines spéculations du platonisme (surtout dans W Timée). Le livre alexandrin de la Sa<jr$se, attribuée à Sal(»mou, se complaît <léjà dans ces théories. Le Loqos v apparaît comme le mclalrône, l'assesseur de la divinité. Ou prit l'habitude de rappi.rler au Logoa tout ce que l'ancienne philosophie hébraïque disait de la Sagesse divine... Philou (d'Alexandrie) combina ces habitudes de langage avec ses notions de philosophie grecque. Le Loffos (\e Philou, c'est le divin dans l'univers, c'est Dieu extériorisé ; il est le législateur, le révélateur, l'organe de Dieu à l'égard de l'homme spirituel. Il est l'Esprit de Dieu, la Sagesse des livres saints..., il va l'appeler jusqu'à un « second Dieu » ou « riiomme de Dieu », c'est-ù-dire Dieu considéré comme authropo-
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l'incarnation de Dieu n'a pas suffi pour enlever la souillure, elle a seulement rendu possible sa disparition, à la suite de l'intervention de l'Eglise, envisagée comme pourvue de l'autorité du Christ, c'est-à-dire de Dieu.
Pour que l'enfant qui vient au monde soit débarrassé du péché originel et puisse, en cas de mort, prendre place dans le paradis, il faut qu'il soit promu à la qualité de
inur|>lio... Quoique «le telles idées Fussent aussi éloignées que possible par leur orijjine des idées messianiques, on entrevoit cependant qu'une sorte de Fusion pouvait s'opérer entre elles. La possibilité d'une incarnation pléuière du Lofjos, rentre tout à Fait dans l'ordre des tliéories de Pliilon. Il était reçu, en effet, que dans les différentes théophanies où Dieu avait voulu se rendre visible, c'est le Lofjos qui avait revêtu la forme humaine... Il était donc naturel que l'apparition messianique fut rapportée au Logos, que l'on se figurât le Messie comme le Lofjos incarné... Déjà, dans l'Apocalypse, le Messie triomphant a pour nom de gloire « le Logos de Dieu ». Dans les dernières épîtres de saint Paul, Jésus est presque détaché de l'humanité. Dans le quatrième Evangile, l'identification du Christ et du Loj/os est consommée... Jésus est désormais fils de Dieu, non en vertu d'une simple métaphore hébraïque, mais théologiquement parlant... A côté de la théorie du Logus et de l'Esprit, on développa la théorie du Paraclet. qu'on ne distinguait pas beaucoup du Saint- Esprit. Paraclet était, dans la philosophie de Philon, une épithète ou un équivalent de Logos. Il devint pour les chrétiens une sorte de remplaçant de Jésus, procédant comme lui du Père, qui devait consoler les disciples de l'absence de leur maître, quand celui-ci aurait disparu. Cet esprit de vérité, que le monde ne connaît pas, sera l'éternel inspirateur de l'Eglise. Lne telle façon d'ériger des abstractions en hypostases divines était dans le goût du temps. ^Elius Aristide, contemporain et compatriote de l'auteur du quatrième Evangile, s'exprime dans son sermon sur Athéné, d'une manière qui s'écarte à peine de celle des chrétiens. « Elle habite en son père, intimement unie îi son essence ; elle respire en lui ; elle est sa compagne et sa conseillère. Elle s'assied à sa droite ; elle est le ministre suprême de ses ordres, n'a qu'une volonté avec lui, si bien qu'on peut lui attribuer toutes les œuvres de son père. » Isis était connue comme jouant un rôle analogue auprès d'Ammon... » Le quatrième Evangile, attribué à saint Jean, fit de Jésus une hypostase de ce genre. « Il était si commode, pour les besoins de la théologie et de l'apologétique du temps, au lieu d'une petite histoire tout humaine d'un prophète juif de (jalilée, d'avoir une sorte de drame métaphysique... Le \ erbe divin nu sein «le Dieu ; le Verbe créant toute chose ; le Verbe se fiti.sani chair, habitant parmi les hommes, si bien que certains mortels privilégiés ont eu le bonheur de le voir, de le toucher de leurs mains! Vu la tournure spéciale de l'esprit grec qui, de si bonne heure, s'empara du christianisme, cela paraissait bien plus sublime... La fraîcheur de l'idylle galiléenne, éclairée par le sideil du rttyaume de Dieu, était peu goûtée des vrais Hellènes. Ils devaient préférer un Evangile où le rêve était transporté dans le monde des abstractions, et d'où la croyance à une fin prochaine du inonde était bannie... Le judaïsme est oublié, condamné ; les « juifis » sont des méchants, des ennemis de la vérité. Il» n'ont pas voulu recevoir le Verbe qui pst venu chez eux. L'auteur ne veut plus rien savoir d'eux, sinon qu'ils ont tué Jésus. L'auteur du quatrième Evangile a tiré Jésus de la réalité judaïque où il se perdait et l'a lancé en pleine métaphysique. » (Ernest Re.nan, L'Église chrétienne, p. (53 et suiv.)
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chrétien. Il Test par une ablution qui. dans la première Éalise, consistait a plonger le corps tout entier dans l'eau, et^par les formules sacramentelles que prononce le prêtre en procédant à cette ablution. Cette cérémonie constitue le (( baptême ». Tout enfant qui meurt avant d'avoir été baptisé est exclu du paradis. Le Catéchisme est, à cet égard, tout à fait formel : « Le baptême est devenu obhgatoire pour le salut le jour où Jésus ressuscité, envoyant les apôtres prêcher l'Évangile à toutes les nations, leur a ordonné de les baptiser au nom du Pcre, et du Fils, et du Saint- Esprit (Matth., vxvni, 19)'. - Le baptême est si nécessaire, que les enfants mêmes ne peuvent être sauves s ils ne sont baptisés ^ — Le baptême est nécessaire à tous les hommes pour être sauvés, aussi bien à ceux qui sont nés de parents chrétiens qu'à ceux qui sont nés de parents infidèles. Celte obligation s'étend non seulement aux adultes, mais aussi aux enfants, comme le prouvent les paroles de Notre Seigneur, où il demande qu'on « n'empêche pas les
petits enfants d'aller à lui ^ » , -i f
Il résulte de tout cela que pour (( être sauvé », il faut avoir été fait chrétien par le baptême. Un enfant dépourvu de toute conscience de la cérémonie du baptême dont i\ est l'objet (( sera sauvé » ; un enfant dépourvu de toute connaissance de cette même cérémonie, et qui en est privé, ne peut pas être sauvé. Nous sommes ici en présence d'un cas analogue à celui du péché involontaire, inconscient, dont il est question dans la religion des Védas. Le christianisme ressemble tout à fait à cette dernière en ce qui concerne le procédé qu'il emploie pour débarrasser l'enfant ou l'adulte du péché originel. « Le baptême, dit le Catéchisme, est le sacrement de la régénération par l'eau jointe aux paroles mêmes de Notre Seigneur. — Notre Seigneur a choisi l'eau comme matière du baptême, T parce que c'est un des éléments les plus répandus ; 2 ' parce que le propre