‹ La morale des religions [microform]Chapitre 231 sur 340 · Ibid , p. i · texte numérisé non relu

Ibid , p. i

LA MORALE DU CHRISTL\NISME

de l'eau est de laver les souillures'. » Le péché originel est ainsi comparé à une souillure extérieure que l'eau fait disparaître ; c'est tout à fait la conception védique. Les Védas attribuaient à l'eau un caractère sacré qu'elle posséderait par elle-même : le christianisme lui maintient ce caractère, mais il ne le fait remonter qu'au temps où le Christ fut baptisé : « Le baptême a été institué par Notre- Seigneur le jour où le Sauveur, baptisé lui-même par saint Jean, a communiqué à l'eau, parle contact de son corps sacré, la vertu de sanctifier les âmes. » De même que le prêtre védique remettait tous les péchés, même ceux de l'hérédité, par l'ablution du coupable, accompagnée de la formule sacramentelle, le prêtre chrétien qui administre le baptême obtient: « i" La rémission du péché originel (qui est hérité des parents) et des péchés actuels commis avant le baptême, de sorte que la concupiscence qui demeure en nous n'est pas une faute, mais une occasion de lutte qui nous permet de mériter devant Dieu : 2" la rémission de la peine due aux péchés ". »

On remarquera que le baptême n'enlève pas u la concupiscence », c'est-à-dire les besoins naturels de l'homme, besoins dont la satisfaction, même modérée, peut, dans certains cas, donner lieu à péché. Délivré par le baptême de la déchéance morale à laquelle il avait été condamné, comme tous ses congénères de tous les tenq)s et de tous les lieux, par la seule faute d'Adam, lavé, en outre, de tous les péchés qu'il avait pu commettre avant le baptême, l'homme reste encore exposé, après celui-ci, à la « concuj>iscence » qui l'entrahie vers de nouveaux péchés. Or. l'Eglise l'avertit qu'il ne pourra se soustraire à la a concupiscence » et au péché, que si Dieu lui en accorde la « grâce )). Nous touclions ici a l'un des traits les plus singuliers du christianisme.

A la question qu'il pose lui-même « qu'est-ce que la grâce » ? Le Catéchisme répond : u La grâce est un don

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