‹ La morale des religions [microform]Chapitre 236 sur 340 · I. Ernest Renan, l'Eglise Chrétienne, p. 287, 3o3, 3o · texte numérisé non relu

I. Ernest Renan, l'Eglise Chrétienne, p. 287, 3o3, 3o

qui furent édictées pour les Hébreux. « Les premières paroles de ce commandement « je suis le Seigneur ton Dieu » nous rappellent, dit le Catéchisme, que le législateur est en même temps le créateur qui nous a faits et nous conserve, que nous sommes son peuple et les brebis de son bercail. Ces titres du législateur doivent nous rendre plus prompte et plus facile l'obéissance à ses commandements'... La défense formulée par ce commandement est de (( ne pas adorer de dieux étrangers » . Si le législateur avait dit sous forme affirmative : « tu m'adoreras, moi qui suis le seul Dieu », le commandement aurait été aussi clair ; mais il a préféré l'autre formule, à cause de l'aveuglement d'un grand nombre d hommes qui prétendaient autrefois adorer le vrai Dieu, tout en adorant aussi les idoles. C'est ce que faisaient certains Israélites, à qui Elie reprochait de boiter des deux côtés, et les Samaritains, qui adoraient le Dieu d'Israël elles dieux des païens... C'est pécher contre ce commandement que de n'avoir ni la foi, ni l'espérance, ni la charité. On doit donc ranger parmi les transgresseurs de ce précepte : ceux qui tombent dans l'hérésie ; ceux qui ne croient pas tout ce que l'Eglise nous enseigne ; ceux qui ajoutent foi aux devins, aux songes, aux superstitions ; ceux qui désespèrent de leur salut et manquent de confiance en la bonté divine ; ceux qui ne s'attachent qu'aux biens matériels, et en général tous ceux qui se laissent aller aux péchés contraires à la foi, à l'espérance et à la charité ^)) Rappelant la dernière phrase du premier commandement, «je suis le seigneur ton Dieu, fort, jaloux, etc. », le Catéchisme présente quelques observations contenant les principes appliqués par l'Eglise à ceux qui ne professent pas sa rehgion : « Remarquons que s'il est dans la nature des choses que la violation de tout précepte entraîne un châtiment et son observation une récompense, le châtiment est d'abord exprimé ici à cause de fénormité du crime commis par les violateurs du premier commandement et de la pro-

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