Ibid., p. 293, § 568 et
pension des hommes à le violer. Nous nous imaginons souvent échapper par mille moyens à la colère divine et à la poursuite de ses vengeances ; aussi pour bannir ce sentiment de notre cœur, Dieu nous affirme-t-il qu'il est le (( Dieu fort », ayant à son service la toute-puissance pour punir nos iniquités... Dieu s'appelle encore le « Dieu jaloux». Souvent les hommes s'imaginent que Dieu ne s'occupe pas de leurs affaires et qu'il s'inquiète peu de savoir si nous observons sa loi ou non. C'est pour combattre cette idée fausse, source de tant de désordres, que Dieu nous fait savoir qu'il esl jaloux d'être servi ' . »
Pour avoir la pensée entière du catholicisme officiel sur l'importance qu'il attache à son premier commandement de Dieu, il faut rapprocher des observations ci-dessus la remarque faite par le Catéchisme du Concile de Trente au sujet du cinquième commandement, qui interdit le meurtre. (( La défense de tuer n'est pas absolue, dit-il, et il y a des meurtres qui ne tombent pas sous le* coup de cette loi^.. 11 est clair que les meurtres commis par Tordre de Dieu ne sont pas davantage des péchés : tel le meurtre de 23ooo Israélites qui avaient adoré le veau d'or et que les lévites, sur l'ordre de Dieu, passèrent au fil de l'épée (Ex. XXXII, 25-29). »
Comme c'est sur cette doctrine que se sont appuyées toutes les sectes chrétiennes pour détruire les autres religions ou se combattre réciproquement, il n'est pas inutile de nous y arrêter : il y a là l'un des traits les plus caractéristiques delà morale du christianisme.
Rappelons d'abord le «meurtre» d'Israélites, exécuté par l'ordre de Dieu et auquel fait allusion le Catéchisme. Il est raconté par l'Exode avec des détails bien caractéristiques de la doctrine hébraïque, devenue la doctrine chrétienne. Moïse avait gravi le Sinaï pour y recevoir le Décalogue des mains mêmes de Dieu, mais il tardait à revenir, et le peuple s'impatienta au point de demander son salut à l'une des