C^sar liKisrFRB., livre V, cliap. xxi
■aiets d'armes de Tolose,
de cloche, ni prêtre revêtu de ses habits, ni croix, ni autel qui pût empêcher que tout ne passai par lépée. Ce fut la plus grande pitié qui jamais fut osée et faite ; et, la ville pillée, on y mit le feu par tous les coins, tellement que tout fut dévasté et brûlé, et qu'il n*y resta chose vivante au monde ^ » Trente à quarante mille individus furent massacrés et tout ce qui avait une valeur fut butiné. Devant Carcassonne, le légat du pape offre aux habitants une capitulation : le vicomte vient à lui sur la foi de ces avances ; il est arrêté avec son escorte, on oblige les habitants à sortir en chemise afin qu'ils ne puissent rien emporter, puis on pille la ville et l'on fait brûler les quatre-cent cinquante citoyens les plus notables.
Le légat du pape offre alors aux barons du Nord tout le pays qu'ils pourront prendre et se partager. Simon de Montfort accepte, et la guerre recommence avec ses massacres et ses pillages pieux. A la voix des moines de Gîteaux qui prêchaient la croisade, des miUiers de gens de toutes quahtés se précipitèrent de nouveau sur le Midi ; il en venait de la Lorraine, des Flandres, de l'Allemagne, de partout, comme à une curée. Les habitants de Lavaur osent se défendre, ils sont tous brûlés et pendus (( à la joie extrême des pèlerins' », du légat et du vicomte de Montfort que l'on avait surnommé le nouveau Machabée. A peme est-il besoin de dire que les provençaux, de leur coté, ne faisaient grâce à aucun prisonnier, mais, étant les plus faibles, c'étaient eux qui supportaient tout le poids des haines soulevées par l'Église dans les cœurs. Les massacres et les pillages étaient si effroyables qu'à diverses reprises le pape s'en émut. On lui démontrait sans peine que l'on tuait autant d'innocents que de coupables et que la rapacité l'emportait sur le zèle religieux ; mais il n'osait pas arrêter ces horreurs car on lui disait, en plein concile de Latran, en I2i5, que faire cesser la croisade serait compromettre la cause chrétienne, que jamais personne ne vou-