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et, pour le contenter, il faudra lui élever des Apis aux cornes dorées. » On adorait les Baal et les Asera des diverses localités, «r Le mauvais culte de Baal-Phé{jor, sorte de priapisnie, séduisait les moins purs. Le Baal-Berith de Sichem était presque aussi respecté des Israélites que leur propre lahvé... Dans une mj^me famille, on trouvait Baal et lalivé employés aussi souvent l'un que l'autre, comme composants des noms propres (ex. : larébaal, Esbaal, etc.). La plupart des tribus tenaient lahvé pour le dieu protecteur d'Israël : lahvé était îi peu près le seul dieu auquel on demandât des oracles, mais on lui donnait pour compagnons les dieux du pays. » (/6td., p. îgô).
Lorsque le temple eut été bâti par Salomon, on y fit des sacrifices à une foule de divinités étrangères à lahvé. « Presque tous les dieux de Syrie y seront adorés selon les caprices des rois. » (Ernest Renan, loc. cit., 11, p. i5i). C'est un des motifs pour lesquels les prophètes furent presque tous rebelles au temple. Jésus lui-même voulait qu'on le démolît pour substituer aux sacrifices dont il était devenu le lieu unique, un culte purement spirituel. « Jésus désertera le temple, voudra le démolir, se déclarera capable de le rebâtir spirituel. La destruction du temple par les Romains sera la condition du progrès religieux et en particulier de l'établissement du christianisme. » {Ibid., p. i5o.) Fort bien, mais le christianisme ne pourra se passer de temple que pendant sa période de formation ; dès qu'il voudra conquérir les masses et devenir une puissance, il rebâtira des temples, il redressera les images sacrées et il peuplera ses temples de prêtres sans lesquels il ne pourrait ni vivre ni étendre sa propagande.
Les femmes israélites surtout s'adressaient d'autant plus volontiers aux dieux étrangers qu'elles n'avaient aucune place dans la religion patriarcale ou nationale des Hébreux. Elles adoraient le soleil, la lune, tous les astres sur leurs terrasses et elles conservaient pieusement dans leurs maisons les images des dieux proscrits par le corps sacerdotal. L'un des successeurs de Salomon, Asa (980 av. J.-C), qui fut un des adeptes les plus fervents du lahyéisme et l'un des plus acharnés destructeurs des idoles « poussa le rigorisme jusqu'à destituer du rang suprême qu'elle occupait sa grand'mère Maaka » en raison de son idolâtrie. « Elle avait chez elle des téraphim en bois, avec des détails phalliques, qui scandalisaient fort la pruderie des générations nouvelles. Asa sacrifia la vieille princesse indévote au zèle des piétistes. On abattit à coups de hache l'emblème impur et on le brûla dans la vallée de Gédron. » {Ibid., p. 2/18.)
Au moment de la réforme de Josias (vers 620 av. J.-G.)on ne se contenta pas de détruire toutes les images sexuelles (asherah et matsebah) qui se dressaient partout devant les autels des hauts lieu x et jusque dans le temple de Jérusalem, de les faire brûler et de répandre leurs cendres sur les tombeaux, on détruisit aussi toutes les images des dieux étrangers. « On cessa, dit Tiele, loc. cit., p. 456 et suiv., d'entretenir dans le temple les chevaux consacrés au
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LA MORALE DES LIVRES SACRÉS DU JUDAÏSME
le Deutéronome\ il n'ira point à la guerre et on ne lui imposera aucune charge ; pendant un an il en sera exempt pour sa famille, et il réjouira la femme qu'il aura prise. » Afin d'assurer la continuité de la famille, le frère, marié ou non, doit épouser la veuve de son frère mort sans enfant. S'il se refuse à remplir ce devoir, la veuve le traduit devant les anciens ; et « s'il demeure ferme et qu'il dise : il ne me plaît pas de l'épouser ; alors sa belle-sœur s'approchera de lui, à la vue des anciens, et lui ôlera son soulier du pied, et lui crachera au visage; et, prenant la parole, elle dira: ainsi soit fait à l'homme qui ne réédifie pas la maison de son frère. Et son nom sera appelé en Israël la maison du déchaussé^ ». Pour que le mariage de la veuve sans enfants avec son beau-frère produisit l'elfet désiré, « le premier-né qu'elle enfantera succédera au frère mort, et portera son nom, afin que son nom ne soit pas effacé d'Israël ». Il est facile de >oir là une consécration religieuse et législative des pratiques inspirées par les nécessités de la
soleil et on brisa et brûla les chars consacrés à ce culte. On brisa l'autel pour l'adoration des astres, placé par A'haz sur le toit d'une des saUes hautes, ainsi que les deux que Manassé avait érigés dans les deux cours antérieures du temple, et on jeta les débris dans le torrent du Cédron. On profana aussi et on rendit impropres au culte qui semble avoir continué à y être célébré jusqu'il cette époque, les sanctuaires élevés par Salomon ù Astboreth, à Kamosh et à Milkom..., on dispersa des ossements humains (pour les pruFaner) sur les emplacements où avaient eu lieu les sacrifices humains. La réforme ne se borna pas h Jérusalem ; elle s'étendit à tout le pays et même à tout l'ancien royaume d'Israël. Josias se rendit de sa personne i\ Béthel, fit briser l'ancien autel dressé par Jéroboam Ic". Tous les hauts lieux de la Saniarie furent dévastés et plusieurs prêtres des cultes condamnés furent mis à mort au pied de leurs autels... Ce qui ressort surtout de ces événements, c'est l'importance et l'extension qu'avaient prises, les profondes racines qu'avait jetées le polythéisme dans le royaume de Juda. Le temple de Jérusalem était devenu une espèce de panthéon avec des chevaux et des cliarriots consacrés au soleil et des autels élevés à toute l'armée des cieux. Les cultes immoraux des Cananéens y étaient ouvertement pratiqués sous le regard de l'austère divinité du désert. »
Malgré les efforts des rois iahvéistes, l'idolâtrie persista pendant de nombreux siècles encore chez les Israélites du peuple, et en particulier parmi les femme« qui, dans tous les pays et dans tous les temps, se sont montrées beaucoup plus portées encore que les hommes vers les pratiques idolàtriques et les cultes symboliques. Ce sont elles qui devaient faire la fortune du christianisme, surtout à partir du jour où il versa dans l'idolâtrie.
I. Deulérononie, cliap. xxiv, 5. Les écrivains thalmudiques considèrent cette prescription comme relative à la période qui s'écoulait entre la signature du contrat de mariage et la noce, et qui était normalement de douze mois.
a. IbiJ., chap, xxv, 5-io.
vie patriarcale et des habitudes qu'elles engendrent, pratiques et habitudes dont le but réel et unique est d'assurer l'existence de la famille, qui est alors la véritable unité sociale ' .
C'est la même pensée qui, dans les sociétés patriarcales, fait condamner la prostitution ou, pour mieux dire, ne la permet qu'aux femmes étrangères. Toute femme appartenant à la tribu est considérée comme devant contribuer à sa perpétualion: elle doit, en conséquence, se marier dans sa tribu même et avoir des enfants. Si elle se livre à la prostitution, elle manque à son devoir parce qu'elle ne sert pas à fonder une famille. La prostitution est donc réservée aux femmes étrangères. Chez les Hébreux, celles-ci étaient nombreuses et il exista même une prostitution sacrée des deux sexes, autour du Temple, comme celle qui fleurissait chez les peuples de ia Syrie.
Ce n'est donc pas la prostitution elle-même qui est condamnée par les Livres sacrés des Hébreux, mais seulement celle des filles d'Israël : « Qu'il n'y ait point de prostituée entre les filles d'Israël, et qu'aucun des fils d'Israël ne se prostitue à l'infamie". » La prostitution des filles d'Israël était punie par la mort quand il s'agissait des familles sacerdotales : « Si une fille de sacrificateur se déshonore en se prostituant, elle déshonore son père ; elle sera brûlée au feu '. » C'est l'honneur du père qui est vengé par la mort de la fille, de même que c'est la confiance du mari que l'on venge quand on lapide sa femme s'il ne l'a pas trouvée vierge.
I. C'est avec la même préoccupation que la loi religieuse des Israélites obligeait les filles en possession d'un héritage à se marier dans une famille de In tribu de leur père. La question fut posée devant Moïse par les filles de Tsélophéad, mort dans le désert sans enfant mâle. Moïse décida au nom de lahvé : « Elles se marieront à qui elles voudront ; seulement elles se marieront dans quelqu'une des familles de la tribu de leur père ; ainsi un héritage ne sera point transporté, parmi les enfants d'Israël, d'une tribu à une autre triiju. Les filles de Tsélophéad firent comme l'Eternel avait commandé h Moïse. Machia, Thirtsa, Ilogla, Milca et Noa, filles de Tsélophéad, se marièrent aux fils de leurs oncles. Elles se marièrent dans les familles des enfants de Manassé, fils de Joseph, et leur héritage resta dans la tribu de la famille de leur père. » {Nombres, chap. xxxvi ; voy. aussi chap. xxvii.)