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Lévilique, chap. xxi, g

LA MORALE DES LIVRES SACRÉS DU JUDAÏSME

La femme était respectée par ses enfants et n'avait d'ordinaire, pas à se plaindre d'eux après la mort de son mari*, mais elle ne jouissait d'aucune considération officielle, si l'on peut employer un tel terme. Elle ne prenait aucune part aux actes cultuels et n'était même pas instruite dans la religion de son père et de ses frères, si bien qu'on la voit s'adonner d'une manière presque constante et générale à la pratique des cultes étrangers. Le seul fait d'avoir un rapport sexuel avec elle suffît pour rendre l'homme impur, même dans le mariage et lorsqu'elle se trouve dans son état normal. « El quand une femme et un homme coucheront et auront commerce ensemble, ils se laveront dans l'eau et seront souillés jusqu'au soir. » La femme est encore davantage impure quand elle se trouve dans certaines conditions physiologiques auxquelles la nature la soumet : « Et quand une femme aura un flux de sang en sa chair, elle sera dans son impureté pendant sept jours; quiconque la louchera sera souillé jusqu'au soir. Tout objet sur lequel elle aura couché pendant son impureté sera souillé ; et toute chose sur laquelle elle se sera assise sera souillée. Quiconque touchera son lit, lavera ses vêtements, se lavera dans l'eau et sera souillé jusqu'au soir. Et quiconque louchera un objet quelconque sur lequel elle se sera assise, lavera ses vêtements, se lavera dans l'eau et sera souillé jusqu'au soir. Et s'il y a quelque chose sur le lit ou sur l'objet sur lequel elle s'est assise, celui qui y touchera sera souillé jusqu'au soir. Si un homme couche avec elle et que son impureté le touche, il sera souillé sept jours et tout lit sur lequel il couchera sera souillé*. » Lorsque l'indisposition se prolonge au delà de la période normale, la souillure est encore plus grande : la femme a lorsqu'elle sera purifiée de son flux, comptera sept jours, et après elle sera pure»;

I. Cependant, il importe de noter que la kht^toubali ou sorte de douaire que le mari devait reconnaître à sa Femme par le contrat de mariage avait été instituée pour faire face h ses besoins dans le cas où elle deviendrait veuve. D'un autre côté, il est toujours question des veuves dans les prescriptions des Livres sacrés relatives à la Charité.

a. Lévitique, chap, xv, i8-ai.

mais elle ne pourra reprendre la vie normale qu'après avoir off*erl un sacrifice à Dieu : « Et au huitième jour elle prendra deux tourterelles ou deux pigeonneaux, et les apportera au sacrificateur, à l'entrée du tabernacle d'assignation ; le sacrificateur offrira l'un en sacrifice pour le péché, et l'autre en holocauste ; et le sacrificateur fera pour elle Xexpialion devant l'Eternel, à cause du flux qui la souillait ' . » Un phénomène naturel ou une maladie étaient ainsi transformés en péchés pour lesquels il fallait subir une expiation, et dont il était ordonné de solliciter le pardon par un sacrifice à la divinité.

La mise au monde d'un enfant était aussi considérée comme déterminant chez la femme une souillure qu'il fallait expier. « L'Eternel parla à Moïse en disant : parle aux enfants d'Israël et dis : quand une femme deviendra enceinte et enfantera un mâle, elle sera souillée sept jours ; elle sera souillée comme au temps de l'impureté de son indisposition. Et le huitième jour on circoncira la chair du prépuce de l'enfant. Elle restera pendant trente- trois jours à se purifier de son sang ; elle ne touchera aucune chose sainte, et n'ira point au sanctuaire, jusqu'à ce que les jours de sa purification soient accomplis. Et si elle enfante une fille elle sera souillée deux semaines, comme pour son impureté, et elle restera soixante-six jours à se purifier de son sang'. » Le mépris de la femme apparaît ici d'une singulière façon : une mère est souillée deux fois plus par la mise au monde d'une fille que par celle d'un garçon ! Les auteurs des Livres sacrés étaient logiques dans leur doctrine de la supériorité du mâle et la poussaient jusqu'aux moindres détails. Bien entendu, tout cela se terminait par un sacrifice dont bénéficiait le corps sacerdotal.

Voici une autre prescription où se montre dans toute sa brutalité le mépris et même la haine des auteurs sacrés pour la femme : « Quand des hommes se disputeront ensemble, l'un contre l'autre, si la femme de l'un s'approche pour

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