I. Troplong, p
a. Code civil, art. ai3, 21 4.
ainsi que leurs enfants, par des maris paresseux, ivrognes ou débauchés.
L'Eglise a également imposé à notre législation l'indissolubilité absolue du mariage, en lui faisant condamner le divorce contre lequel, dès ses débuts, elle se prononça de lafaçon la plus formelle. La doctrine de l'Eglise sur ce point, ainsi que sur la polygamie, est nettement exprimée dans les lignes suivantes du Catéchisme du Concile de Trente : « Le mariage est l'union conjugale de l'homme et de la femme, contractée entre personnes qui en sont capables, et en vertu de laquelle elles doivent vivre inséparablement unies l'une à l'autre. — Tout mariage consiste essentiellement dans l'indissolubilité du lien conjugal librement consenti et clairement accepté de part et d'autre. — C'est Dieu qui l'a institué dès le commencement, qui l'a béni et fécondé, et c'est Jésus- Christ qui l'a élevé à la dignité de sacrement. — Jésus- Christ a ramené le mariage à la pureté de son institution primitive en proscrivant le divorce et la polygamie*. » 11 précise, dans son commentaire, les prescriptions ci-dessus de la façon suivante : « Sous la loi de nature, nous voyons un grand nombre de patriarches avoir plusieurs femmes et, sous la loi de Moïse, le divorce était permis, à la condition de donner un acte de répudiation, libellum repudii (Matth., XIX, 7). Ces deux abus ont été supprimés par la loi évangélique qui, en proscrivant la polygamie et le divorce, a rétabli le mariage dans sa pureté primitive. Notre-Seigneur a bien montré que la polygamie est en dehors de la nature du mariage par ces mots de la Genèse dont il fait voir toute la portée : « Ils seront deux dans une même chair. » (Matth., XIX, 5.) Il en résulte que tout infidèle qui, d'après la coutume de son pnys, aurait épousé plusieurs femmes, devrait, au moment de sa conversion, les éloigner toutes, sauf la première, qui serait sa légitime épouse. Gardons-nous bien pourtant de condamner ceux des patriarches qui eurent plusieurs femmes, car le plus souvent ils n'ont agi ainsi qu'avec la permission de Dieu. Quant au lien du ma-