I. Caléch. (lu Conc. de Trente, p
a. Ibid., p. iio. Dans ses commentaires de l'article onzième du symbole, le Catéchisme dit encore : « Chacun retrouvera son propre corps bien qu'il ait été réduit en poussière et corrompu. Les paroles de l'apôtre : « Il faut que ce « corps corruptible soit revêtu de l'incorruptibilité (I, Cor., xv, 53) », et celles de Job : « Je verrai mon Dieu dans ma chair ; je le contemplerai de mes « propres yeux » (Job, xix, 26) ne laissent aucun doute à cet éçard. La définition mémo de la résurrection le prouve encore, la résurrection n'étant que le retour h notre état primitif. Enfin, il faut que ce soit le même corps qui a servi d'instrument au bien ou au mal, qui soit récompensé ou puni. Non seulement le corps ressuscitera, niais il reprendra tout ce qui peut contribuer à la beauté de l'homme ; ainsi, les membres qu'il avait perdus lui seront restitués, les difTormités seront redressées ; les martyrs recouvreront leurs membres mutilés, mais leurs cicatrices apparaîtront resplendissantes comme les plaies du Sauveur. Pour les méchants, au contraire, la restitution des membres augmentera les tourments qu'ils auront i^ subir dans chacun d'eux. Les corps ainsi ressuscites seront tous immortels comme celui de Jésus-Christ, de telle sorte que la récompense des bons sera éternelle, comme le sera aussi le châtiment des réprouvés. Les corps des saints ressuscites seront plus beaux et plus glorieux qu'ils ne l'étaient sur la terre. Ils posséderont surtout quatre qualités énumérées par les Saints Pères, d'après l'apôtre saint Paul (I, Cor., xv, ^2 et s.): 1° l'impassibilité; ils ne pourront sentir aucune douleur, ni recevoir au-
disparaîtront pour faire place à une beauté parfaite. Les principales qualités des corps glorieux seront l'impassibilité, la clarté, l'agilité et la subtilité. . . Les méchants loin de posséder ces qualités, seront affligés de tous les défauts opposés, et cependant leurs corps seront immortels comme ceux des bienheureux ' . »
La nature des peines est indiquée par le Catécliisme de la manière suivante : « Les damnés seront rejetés loin de la vue de Dieu, sans espoir d'en jouir jamais. Cette peine a reçu des théologiens le nomdc peine du dam. L'autre peine, connue sousle nom de peine des sens, est désignée par le feu, tourment cruel, qui sera sans fin et réunira tous les autres genres de supplices. Ces diverses peines seront subies en enfer par les damnés, en compagnie des démons. A la dif-férence du Purgatoire, cpii n'existera plus après le jugement dernier, l'enfer existera toujours, car Notre-Seigneur parle d'un « feu éternel ». D'ailleurs, pour ne nous laisser aucun doute sur l'existence de l'enfer et l'énormilé de ses peines, Notre-Seigneur y revient jusqu'à dix fois dans l'Evangile. Comment le feu de l'enfer agit-il sur les âmes même séparées de leur corps, et sur de purs esprits.^ Question insoluble pour nous, car: i" nous ne connaissons pas la nature du feu de l'enfer qui est réel, mais qui ne doit pas être comme la feu de ce monde; il n'est pas étonnant que ce comment nous échappe, puisque nous constatons que notre corps agit sur notre âme, sans que nous sachions comment. Il nous suffit de savoir d'une manière certaine que le feu de l'enfer brûle les démons et les âmes des damnés sans les consumer jamais. Au reste, il s'agit bien d'un feu réel, car l'Eglise a toujours repoussé la prétention de ceux
cun mal d'aucune cause extérieure, et, en cela, ils différeront des corps des damnés qui, tout en étant incorruptibles, pourront néanmoins subir toutes sortes de tourments ; a" la clarté, qui les fera briller comme le soleil, et qui sera comme un reflet du bonlieur dont jouiront leurs âmes. Cette clarté ne sera pas la même chez tous et n'atteindra pas, dès le principe, tout son rayonnement ; 3** l'agilité, le corps, soustrait à l'action de la pesanteur, pourra être transporté par l'âme partout où elle voudra et avec la plus grande rapidité ; 4° la subtilité, le corps pourra pénétrer partout et obéira sans peine à tous les ordres de l'âme. » {Ibid., p. ii3-ii4-) I. Catéch., p. i6o.
qui ne voulaient y voir qu'un feu métaphorique ou idéal'. »
Quant aux récompenses, voici ce qu'en dit le Catéchisme: « Les bons, revêtus de leurs corps, iront avec Jésus-Christ dans le ciel, pour y jouir d'un bonheur éternel^ » Ce bonheur lui-même « rien ici-bas ne peut en donner une idée ^ » . L'idée « la moins imparfaite que nous puissions nous en faire... c'est de nous le présenter comme l'exemption de tous les maux et la possession de tous les biens... Le plus grand de tous les biens dont jouiront les bienheureux sera de voir Dieu tel qu'il est, de l'aimer et de le posséder éternellement sans crainte de le perdre ». La vue de Dieu rendra les bienheureux « en quelque sorte semblables à Dieu, sans leur faire perdre leur propre substance* ». A la vue de Dieu « viendront se joindre la gloire, l'honneur et tous les biens qui peuvent contribuer à la parfaite satisfaction de l'ame et du corps ^ ».
Le Catéchisme ajoute en manière de conclusion : « Cette doctrine du jugement et de ses sanctions éternelles doit êlre souvent méditée par les chrétiens, car elle est très propre à retirer du mal les pécheurs, et à faire marcher les justes avec joie dans les sentiers de la vertu*. »
Etant données, d'une part, la doctrine de l'Eglise, relativement au péché, à la faute, au mal, pour employer le mot iiabituel des moralistes, doctrine qui assimile la violation d'un commandement du culte, aux crimes contre le prochain, et, d'autre part, sa conception de l'éternité des peines et des récompenses, il était impossible qu'elle ne cherchât pas à tempérer la rigueur de ses sanctions morales. Cette nécessité l'a conduite à la théorie de la rémission des péchés.
(( Jésus-Christ a donné à son Eglise, dit le Catéchisme, le pouvoir de remettre les péchés. — Remettre les péchés, c'est en accorder le pardon, en sorte qu'ils sont effacés et ne subsistent plus. — Comment F Eglise remet-elle les péchés?