I. Le Koran, chap. ii, 191, a
Puis il annonce à ses soldats le secours d'une armée d'anges, et il a soin de faire afïîrmcr par Dieu l'envoi de ces auxiliaires célestes. « A la journée de Beder où vous étiez inférieurs en nombre, le Tout-Puissant se hâta de vous secourir. Craignez-le donc, et soyez reconnaissants. — Tu disais aux fidèles : ne suflît-il pas que Dieu vous envoie du ciel trois mille anges .^ — Ce nombre suffit sans doute; mais si vous avez joint la persévérance à la piété et que les ennemis viennent tout à coup fondre sur vous, il fera voler à votre aide cinq mille anges. — Il vous envoya ces milices célestes pour porter dans vos cœurs la joie et la confiance. Toute aide vient de Dieu'. » Il trouva des témoins pour certifier avoir vu ces milices angéliques. Les historiens arabes racontent sérieusement que deux idolâtres virent, du haut d'une colline, un nuage qui enfermait des escadrons d'anges ; ils entendirent le hennissement de leurs chevaux et la voix de Gabriel qui criait à son cheval : « approche llaïsoum. » Les anges avaient de longues robes flottantes et des turbans jaunes, ils montaient des chevaux tachetés de noir et de blanc et combattirent à la tête des croyants. Cette légende devait dominer toute l'histoire de l'islamisme et donner aux « croyants » la confiance d'où sortent les victoires. Mahomet leur dit sans cesse, par la voix du Koran, que ce ne sont pas eux-mêmes qui remportent les victoires, que celles-ci doivent toujours être
I. Le Koran, cliap. iir, 117-1^2. Dans une autre partie du Koran, Dieu est repri^enté eouinie ayant tronip/* les lulèles sur le nombre des ennemis, afin d'accroître leur courage. Faisant allusion à ce même combat de Beder d'où sortit sa puissance, Mahomet Fait dire au Sei^yneur : « Vous étiez postt^s près du ruisseau, les ennemis étaient sur la rive opposée. Votre cavalerie était inférieure. Mal{jré vos conventions, la discorde se serait mise parmi vous ; mais le Tout-Puissant voulut accomplir ce qui était arrêté dans ses décrets ; — afin que celui qui devait périr succombât, et que celui qui devait survivre à la victoire hU témoin de sa gloire. Dieu sait et entend tout. — Dieu vous montra en songe l'armée ennemie peu nombreuse. S'il vous l'eîit t'ait paraître plus formidable, vous auriez perdu courage et la discorde vous eût désunis. Il vous épargna ce tableau parce qu'il connaît le fond des cœurs. — Lorsque vous commençâtes le condiat, il diminua à vos regards le nombre des ennemis ; il diminua de même à leurs yeux le nombre de vos soldats, afin d'accomplir ce qui était déterminé dans ses décrets. — O croyants ! lorsque vous marchez aux ennemis, soyez inébranlables. Uappelez-vous à chaque instant le souvenir du Seigneur, afin que vous soyez heureux. » (Chap. viii, 43-47)
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attribuées à Dieu : « Ce n'est pas vous qui les avez tués ; ils sont tombés sous le glaive du Tout-Puissant. Ce n'est pas toi, Mahomet, qui les a assaillis; c'est Dieu, afin de donner aux fidèles des marques de sa protection. Son bras vous a protégés'. »
L'islamisme, du reste, ne fut, avec Mahomet, qu'une religion de prosélytisme et de guerres de conquêtes, dont chaque victoire devait, si possible, se terminer par la conversion obligatoire des vaincus : « Combattez les infidèles, fait-il dire à son Dieu, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de schisme, et que la religion sainte triomphe universellement*. » — (( Tuez vos ennemis, prescrit encore le Koran, partout où vous les trouverez... S'ils vous attaquent baignez-vous dans leur sang. Telle est la récompense due aux infidèles ^ » Le croyant doit toujours être prêt a les combattre. « O prophète! combats les idolâtres et les impies. Sois terrible contre eux. Leur réceptacle sera l'enfer, séjour du désespoir*. » — « O croyants, craignez Dieu. Efforcez- vous de mériter un accès auprès de lui. Combattez pour la religion et vous serez heureux ^ » — « Les fidèles qui restent au sein de leur famille sans nécessité ne sont pas traités comme ceux qui défendent la religion de leurs biens et de leurs personnes. Dieu a élevé ceux-ci au-dessus des autres. Tous posséderont le souverain bien ; mais ceux qui marchent au combat auront un sort bien meilleur*. » — « O prophète ! encourage les croyants au combat. Vingt braves d'entre eux terrasseront deux cents infidèles. Cent en mettront mille en fuite, parce qu'ils n'ont point la sagesse'. » Le croyant doit être impitoyable à l'égard des infidèles: (( Aucun prophète n'a jamais fait de prisonniers, qu'après avoir versé le sang d'un grand nombre d'ennemis". » Après le combat de Beder, Mahomet constata la présence, parmi les prisonniers, de
i. Le Koran, chap. viii, 17-18.
a. Ibid., chap. tiii, 4o.