II
dans le code mosaïque, c'est le droit de prison perpétuelle qui est accordé par là au mari; il y substitue volontiers celui de répudiation dont il sera question dans un instant. La femme accusée d'adultère est, d'ailleurs, admise à se défendre et ses accusateurs sont passibles de peines très sévères s'ils ne peuvent pas justifier leurs dires: « Ceux qui accuseront d'adultère une femme vertueuse, sans pouvoir produire quatre témoins, seront punis de quatre-vin^l coups de fouet. Déclarés infâmes, ils ne seront plus reçus en témoignage'. » Ce verset fut. sans doute, inspiré à Mahomet par l'aventure de sa femme Aïesba pour laquelle il avait une affection très vive. Le propbète l'avait amenée avec lui dans une de ses expéditions militaires. Au retour, elle fut surprise en compagnie d'un jeune et beau lieutenant de Mahomet, nommé Sav\an, qui' commandait l'arrièregarde. On jasa et la belle Aïesha dut faire le récit de son aventure. Elle raconta qu'ayant été prise d'un besoin elle avait dû faire descendre sa litière du chameau qui la portait, et laisser défiler les troupes pour échapper à leurs regards. Des soldats replacèrent par erreur la litière vide sur le chameau et emmenèrent celui-ci, tandis qu 'Aïesha cherchait un collier détaché de son cou. « Mon collier retrouvé, je retournais joyeuse à l'endroit ou j'avais laissé ma voitMre. Il ne s'y trouv a personne. J'appelai ; on ne me répondit point. Je remplis l'air de mes cris : ils ne furent point entendus. J'espérais qu'on viendrait me chercher ; mon espoir lut déçu. Fatiguée de crier et d'attendre, je m'assis, et le sommeil s'empara de mes sens. Savvan, qui partagea mes malheurs, était resté à l'arrière-garde. Il passa de grand matin près du lieu où je reposais. M'ayant aperçue sans voile, il me reconnut. Je m'éveillai en l'entendant parler. « Nous som- « mes les enfants de Dieu, disait-il, et nous retournerons à lui. » J'atteste le ciel qu'il ne me tint aucun autre discours. Je me couvris d'un voile. Il fit approcher son chameau, m'aida à y monter et le conduisit par la bride jusqu'à ce que nous eûmes rejoint l'armée. » Mahomet crut de ce récit