Le Koran, chap. ii
ciétés chrétiennes, à favoriser la paresse chez une foule de
gens.
Dans le christianisme, les donations étaient faites aux églises et servaient, pour une part notable, à faire face aux besoins du clergé ou des moines ; dans l'islamisme, elles vont toujours aux œuvres de bienfaisance. En général, les riches musulmans ne donnent pas la terre ou l'immeuble, mais seulement des revenus à perpétuité pour une œuvre qu'ils indiquent eux-mêmes. C'est ce que l'on appelle les hahboas. Leur défaut est que la propriété périclite presque toujours entre les mains de ceux qui l'administrent.
L'usure entendue dans le sens très large de prêts à intérêts est une des questions sociales qui ont le plus attiré l'attention du législateur religieux de l'Arabie. Il est allé, à cet égard, plus loin que celui des Hébreux. La loi de Moïse n'interdit l'usure qu'envers les Israélites ; le Koran en prononce la défense absolue : « Ceux qui exercent l'usure, dit-il, ne sortiront de leur tombeau que comme des malheureux agités par le Démon, parce qu'ils ont dit qu'il n'y a point de différence entre la vente et l'usure. Celui à qui parviendra cet avertissement du Seigneur, et qui renoncera au mal, recevra le pardon du passé, et le ciel sera témoin de son action. Celui qui retournera au crime sera la proie du feu éternel. Dieu détourne sa bénédiction de l'usure et la verse sur l'aumône'. » En même temps qu'il interdit l'usure, le Koran prescrit une extrême bienveillance à l'égard du débiteur : « Si votre débiteur a de la peine à vous payer, donnez-lui du temps, ou si vous voulez mieux faire, remettez-lui sa dette. Si vous saviez' !»
La fidélité dans le paiement des dettes est soigneusement recommandée par le Koran : a O croyants I lorsque vous vous obligerez à payer une dette au terme prescrit, qu'un scribe en fasse fidèlement l'obUgation..., qu'il écrive et que le débiteur dicte ; qu'il craigne le Seigneur et ne retranche aucun article de la dette. Si le débiteur était ignorant, ma-