I. Histoire det Israélites, p. 5i
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Et il ajoute : « La conquête arabe fut, à double titre, un bienfait pour les Juifs. D'abord, la communauté d origine, la similitude de race, de langue et de religion, tout contribuait à établir en pratique entre Juifs et Arabes des rapports pacifiques sinon amicaux. Les califes de Bagdad (Abassides) qui succédèrent à ceux de Damas (Ommiades) n'étaient point des fanatiques ; amis d'une civilisation brillante, entourés de Grecs, de Persans, de Syriens, de Juifs, ils témoignèrent souvent à ceux-ci une bienveillance qui corrigeait les rigueurs de la loi. Ils leurs laissèrent leur justice et leur administration particulières, sans autre obligation que le paiement de l'impôt ou tribut des étrangers... En second lieu, la conquête musulmane, en soumettant pendant quelque temps à une même domination une vaste étendue de pays, facilita les communications entre les juifs dispersés. Par là leurs habitudes commerciales se développèrent et le ïalmudput se répandre peu à peu depuis la Perse jusqu'en Espagne. Lorsque le vaste empire arabe se morcela en plusieurs califats indépendants, le mouvement d'expansion et de colonisation juives ne s'arrêta pas. Des écoles Talmudiques fleurirent fort importantes au Caire, à Fez et surtout à Kairouan, dans la Tunisie actuelle. » Après que les Arabes se furent emparés de l'Espagne, les juifs y jouirent d'une indépendance et même d'une autorité considérables. Les Wisigoths, en leur qualité de schismatiques n'admettant pas la divinité du Christ, s'étaient montrés déjà tolérants à l'égard des juifs de l'Espagne ; les Arabes les traitèrent beaucoup mieux encore. C'est seulement lorsque les rois chréliens devinrent puissants dans la péninsule, que l'on vit surgir les persécutions contre les juifs. H en fut de même en Gaule et dans toutes les parties de l'Occident.
La tolérance de l'islamisme à l'égard des chrétiens ne fut guère moindre. Dans toute l'Asie Mineure, ceux-ci continuèrent de pratiquer leur culte sous la domination des califes, aussi librement que sous celle des empereurs d'Orient. Au moment des croisades, il n'y avait pas de ville de l'Asie Mineure qui ne possédât de nombreuses églises. Antioche seule en avait plus de trois cents et le culte du Christ était