Ibid., XIX, a-i
nuit, et je n'ai point de repos'. — Que ma prière parvienne en ta présence ; incline ton oreille à mon cri. Car mon âme est rassassiée de maux, et ma vie touche au séjour des morts. Je suis compté parmi ceux qui descendent dans la fosse ; je suis comme un homme sans vigueur, gisant parmi les morts, tels que les blessés à mort qui sont couchés dans le tombeau, dont tu ne te souviens plus et qui sont séparés de ta main. Tu m'as mis dans la fosse la plus basse, dans les lieux ténébreux, dans les abîmes. Ta colère pèse sur moi, et tu m'accables de tous tes flots... Mon œil se consume par l'affliction... Eternel, pourquoi rejettestu mon âme, et me caches-tu ta face.^ Je suis affligé et comme expirant dès ma jeunesse ; je suis chargé de tes terreurs, je suis éperdu. Tes fureurs ont pesé sur moi ; tes épouvantes me tuent. Elles m'environnent comme des eaux chaque jour ; elles m'enveloppent toutes à la fois. Tu as éloigné de moi amis et compagnons ; ceux que je connais, ce sont les ténèbres ^ — Qui connaît la force de ton courroux et de ton indignation, selon la crainte qui t'est due ^ ? » A ces lamentations puériles, il mêle sans cesse des cris de haine contre ceux qui ne partagent pas sa foi et il attire sur eux la colère de son Dieu. c( Dieu des vengeances, Eternel, Dieu des vengeances, fais briller ta splendeur I Elève toi juge de la terre... Jusques à quand les méchants, ô Eternel, jusques à quand les méchants triompheront-ils ? Jusques à quand tous les ouvriers d'iniquité se répandrontils^ en discours insolents et se glorifieront-ils?... Mais rEternel est ma haute retraite ; mon Dieu est le rocher de mon refuge. Il fera retomber sur eux leur iniquité, et les détruira par leur propre méchanceté ; l'Éternel, notre Dieu, les détruira*. )) S'il lui arrive de manifester quelque joie, c'est beaucoup moins en raison des bienfaits qu'il attend de son Dieu que des maux dont il espère que ses ennemis, c'est-à-dire ceux qui n'ont pas ses croyances, seront