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Evangile selon saint Mathieu, cliap. xxiii

2. M^me pendant la période où la i*eli{;ion devait iev«^lir au plus haut dejjré le caractère national et alors que les pi'i^tres tendaieut à s'en rendre les maîtres exclusifs, certaines traditions de l'ancien état patriarcal s'étaient maintenues dans les ttimilles. Le chef de ces dernières en était toujours considéré, dans une certaine mesure, comme le prêtre intime el il se Faisait, à certains Jours, par exemple au moment de la Pàque, des cérémonies auxquelles les membres de la (îimille assistaient seuls. C'est le maintien de ces habitudes qui a permis aux juifs de traverser toutes les persécutions auxquelles ils ont été en butte, toutes les dispersions qu'ils ont subies depuis vin|;t siècles, sans perdre ni leurs traditions religieuses, ni leur statut personnel. On sait qu'ils n'ont renoncé en France à ce dernier que par leur règlement du 8 décembre 1806, consacré par le décret du 17 mars 1808.

résistèrent à toutes les épreuves ; ils furent le noyau du judaïsme qui a traversé le moyen uge el est arrivé intact jusqu'à nos jours. ' »

Pour être juste à l'égard de la littérature sacrée des Hébreux, il est également nécessaire de constater qu'à côté des pages haineuses ou profondément immorales à divers litres qui souillent la Bible et parmi les puérilités mystiques qui s'y rencontrent un peu partout, il s'y trouve quelques morceaux d'une grande délicatesse el d'une morale profondément humaine. Dégagée des préoccupations religieuses celle-ci ne cherche ses sanctions que dans la satisfaction du devoir accompli ou dans les avantages immédiats qui découlent des bonnes actions.

Au point de vue de la morale familiale, et sans parler de l'hymne si naïvement sensualiste consacré à l'amour charnel par l'auteur du Cantique des Cantiques, on ne saurait passer indifférent à côté de la leçon de morale pratique contenue dans le magnifique tableau de la femme aimante, fidèle et laborieuse tracé par l'écrivain des Proverbes : (( Qui est-ce qui trouvera une femme vertueuse .»^ Car son prix dépasse beaucoup celui des perles. Le cœur de son mari s'assure en elle et il ne manquera point de butin ; elle lui fera du bien tous les jours de sa vie, et jamais du mal. Elle cherche de la laine et du lin, et elle fait de ses mains ce qu'elle veut... Elle se lève lorsqu'il est encore imit, et elle distribue la nourriture à sa famille, et la tâche à ses servantes ; elle considère un champ et l'acquiert, et du fruit de ses mains elle plante une vigne. Elle ceint ses reins de force et elle affermit ses bras... ; sa lampe ne s éteint point la nuit ; elle met ses mains à la quenouille et ses doigts tiennent le fuseau. Elle tend la main à l'aflligé et présente ses mains aux pauvres. Elle ne craint point la neige pour sa famille: car toute sa famille est vêtue de laine cramoisie. Elle se fait des couvertures ; ses vêtements sont de fin lin et d'écarlale. Son mari est considéré aux portes lorsqu'il est assis avec les anciens du pays... La force et la

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